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18 septembre, un jour, une vie, un décès

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18 septembre, un jour, une vie : Jorge Sampaio

Jorge Sampaio, né le 18 septembre 1939 à Lisbonne, est décédé le 10 septembre 2021 à l'âge de 81 ans, après une carrière politique marquante au Portugal. Issu d'une famille de la classe moyenne, il a grandi dans un environnement intellectuel, son père étant un médecin reconnu en santé publique et sa mère, une enseignante d'anglais. Sampaio a passé une partie de son enfance aux États-Unis et au Royaume-Uni en raison des engagements professionnels de son père, ce qui l’a influencé profondément dans sa vision du monde.

Sampaio a fait ses études de droit à l'Université de Lisbonne, où il a rapidement pris part à des activités politiques en opposition au régime dictatorial de l’Estado Novo. Pendant ses années universitaires, il s’est distingué comme un leader étudiant, présidant l'union des étudiants en 1960-1961, et jouant un rôle clé dans les manifestations contre le régime de Salazar. Avocat de formation, il a défendu de nombreux prisonniers politiques, ce qui a consolidé son image de défenseur des droits de l'homme.

Après la Révolution des Œillets de 1974, qui a mis fin à la dictature au Portugal, Sampaio a poursuivi son engagement politique en cofondant le Mouvement de la Gauche Socialiste (MES), bien qu’il s’en soit rapidement dissocié. En 1978, il rejoint le Parti socialiste, où il gravira les échelons pour en devenir le secrétaire général de 1989 à 1991. Parallèlement, il a été élu député à plusieurs reprises et a siégé au Conseil de l'Europe, où il s’est battu pour les droits fondamentaux.

En 1989, Sampaio a été élu maire de Lisbonne, poste qu'il a occupé jusqu'en 1995. Son mandat en tant que maire a renforcé sa popularité et son image de figure politique nationale. En 1996, il se présente à l'élection présidentielle et est élu président du Portugal, puis réélu en 2001. Pendant ses deux mandats, il s’est distingué par son rôle actif dans la défense des droits humains, notamment en supervisant le transfert de Macao à la Chine en 1999 et en soutenant l'indépendance du Timor oriental.

L’un des moments marquants de sa présidence est survenu en 2004, lorsqu’il a dissous le Parlement et organisé de nouvelles élections, après avoir jugé que le gouvernement en place laissait le pays dans une situation d'instabilité. Cet acte, souvent surnommé "la bombe atomique" en politique portugaise, a montré l’étendue des pouvoirs présidentiels dans un système en grande partie parlementaire.

Après sa présidence, Jorge Sampaio a poursuivi son engagement sur la scène internationale, étant nommé envoyé spécial des Nations Unies pour la lutte contre la tuberculose en 2006 et pour l'Alliance des civilisations en 2007.


18 septembre, un jour, un décès : Américo Tomás

Américo Tomás, né le 19 novembre 1894 à Lisbonne, est décédé le 18 septembre 1987 à l'âge de 92 ans à Cascais, Portugal. Officier de marine de carrière, il a joué un rôle majeur dans la politique portugaise en tant que 13e président de la République, occupant ce poste de 1958 jusqu'à la Révolution des Œillets en 1974.

Issu d'une famille modeste, Tomás entame sa carrière en tant que cadet de la marine en 1914, en pleine Première Guerre mondiale. Il gravit les échelons et devient lieutenant en 1918. Il se spécialise dans l'hydrographie et dirige plusieurs missions importantes sur la côte portugaise. En 1940, il est promu capitaine et devient président du Conseil national de la marine marchande, poste clé dans la gestion et la modernisation de la flotte portugaise. Sa carrière militaire atteint son sommet en 1944 lorsqu'il est nommé ministre de la Marine sous le régime d'António de Oliveira Salazar, fonction qu'il occupera pendant 14 ans.

En 1958, Américo Tomás est choisi comme candidat officiel de l'Union nationale pour succéder au président Francisco Craveiro Lopes. Il remporte cette élection dans un contexte tendu marqué par des fraudes électorales contre son principal rival, Humberto Delgado. Une fois président, Tomás est considéré comme un allié fidèle de Salazar, jouant un rôle principalement cérémoniel au sein du régime autoritaire de l'Estado Novo. Il est réélu en 1965 et en 1972, dans des élections contrôlées par le régime.

En 1968, lorsque Salazar est victime d'un accident vasculaire cérébral, c'est Américo Tomás qui prend la décision de le remplacer par Marcelo Caetano, inaugurant une tentative de libéralisation limitée du régime. Cependant, Tomás s'oppose rapidement aux réformes de Caetano, préférant maintenir une ligne dure face aux pressions internes et internationales pour un changement plus radical.

Le 25 avril 1974, la Révolution des Œillets met fin à près de cinq décennies de dictature. Américo Tomás est démis de ses fonctions et envoyé en exil au Brésil. Il ne retourne au Portugal qu'en 1978, mais il reste éloigné de la vie publique, vivant modestement jusqu'à sa mort en 1987. Ses funérailles sont simples et sans cérémonie officielle, reflétant son retrait final de la scène politique.