10 septembre, un jour, une vie : Nicolás Bravo
Nicolás Bravo Rueda, né le 10 septembre 1786 à Chilpancingo, dans l'État de Guerrero, fut un héros de l'indépendance du Mexique et l'un des premiers présidents du pays. Issu d'une famille aisée, Bravo rejoignit très tôt la lutte pour l'indépendance mexicaine, s'alliant à des figures emblématiques comme José María Morelos. Il se distingua par son courage au combat, notamment lors de la défense de la ville de Veracruz et durant la campagne du sud contre les forces royalistes.
Après avoir été capturé par les troupes espagnoles en 1817, Bravo passa trois ans en captivité avant d'être libéré en 1820. Il rejoignit alors les forces insurgées et participa à la victoire finale de l'indépendance du Mexique en 1821 avec l'armée des Trois Garanties sous le Plan d'Iguala. Bien qu’il ait été une figure clé dans la lutte pour l'indépendance, il s'opposa à la couronne impériale de l'empereur Agustín de Iturbide et joua un rôle dans son renversement.
Bravo accéda au pouvoir en tant que vice-président en 1824 sous la présidence de Guadalupe Victoria, le premier président élu du Mexique. Toutefois, les divisions politiques de l'époque entre les factions centralistes et fédéralistes, souvent alignées sur des loges maçonniques rivales, furent sources de tensions. Bravo, membre de la faction centraliste des « escoceses » (loges maçonniques de rite écossais), lança en 1827 une insurrection infructueuse connue sous le nom de révolte de Montaño contre le gouvernement de Victoria, aligné avec les « yorkinos » (loges de rite york). Après l'échec de cette révolte, il fut exilé.
Il revint au Mexique quelques années plus tard, après l'arrivée au pouvoir du président Vicente Guerrero. Au cours des décennies suivantes, Bravo continua à jouer un rôle politique important, en particulier en tant que président intérimaire à plusieurs reprises : en 1839, 1842-1843 et en 1846. Son mandat fut marqué par des défis intérieurs et extérieurs, notamment pendant la guerre américano-mexicaine de 1846-1848, où Bravo participa à la défense de la capitale et du célèbre château de Chapultepec avant d'être capturé par les forces américaines.
Nicolás Bravo est également connu pour un acte de clémence remarquable. Durant la guerre d'indépendance, il fit prisonniers 300 soldats royalistes après une bataille. Bien qu'il eût subi la mort de son père aux mains des Espagnols, il décida de les épargner, un geste qui fut salué comme une démonstration de grande magnanimité.
Bravo passa ses dernières années à Chilpancingo, où il mourut le 22 avril 1854, à l'âge de 67 ans. Il est aujourd'hui reconnu comme l'une des grandes figures de l'indépendance mexicaine et un acteur clé des premiers jours de la république mexicaine.
10 septembre, un jour, un décès : John Vorster
John Vorster, né Balthazar Johannes Vorster le 13 décembre 1915 à Jamestown, dans la province du Cap en Afrique du Sud, est devenu l'une des figures les plus influentes du régime d'apartheid sud-africain. Il mourut le 10 septembre 1983, à l'âge de 67 ans.
Issu d'une famille afrikaner prospère, Vorster grandit dans une ferme et poursuivit des études de droit à l'université de Stellenbosch. Pendant ses années étudiantes, il s'impliqua dans la politique, se joignant au Parti national et défendant une ligne farouchement nationaliste. Durant la Seconde Guerre mondiale, il s'opposa à l'engagement de l'Afrique du Sud aux côtés des Alliés et rejoignit l'Ossewabrandwag, une organisation pro-nazie qui prônait la résistance contre le soutien britannique au sein du pays. Son rôle dans cette organisation lui valut d'être interné pendant 14 mois.
Après la guerre, Vorster entra en politique active et fut élu au parlement en 1953. Il occupa plusieurs postes dans le gouvernement, notamment celui de ministre de la Justice. En tant que ministre, il supervisa des mesures sévères de répression contre les mouvements anti-apartheid, dont la célèbre arrestation de Nelson Mandela lors du procès de Rivonia en 1963, qui mena à la condamnation de Mandela à la prison à vie.
En 1966, après l'assassinat de Hendrik Verwoerd, Vorster fut élu Premier ministre d'Afrique du Sud. Pendant ses douze ans à ce poste, il renforça la politique d'apartheid tout en cherchant à adoucir l'image du pays à l'étranger. Vorster adopta une approche pragmatique dans sa politique étrangère, cherchant à améliorer les relations avec les pays voisins africains, notamment après la chute des colonies portugaises. Cependant, sur le plan intérieur, il resta inflexible sur la question des droits des Noirs sud-africains et continua de réprimer brutalement toute opposition.
En 1978, Vorster démissionna pour raisons de santé et devint président, un rôle largement symbolique. Toutefois, il fut impliqué dans le scandale de Muldergate, une affaire de détournement de fonds visant à manipuler les médias pour favoriser l'image du gouvernement à l'international. Ce scandale força Vorster à démissionner de la présidence en 1979, marquant la fin de sa carrière politique.
John Vorster est resté une figure controversée dans l'histoire de l'Afrique du Sud, étant à la fois un artisan de la répression la plus dure du régime d'apartheid et un leader qui tenta, sans succès, de moderniser les relations du pays avec l'extérieur.