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9 septembre, un jour, une vie, un décès

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9 septembre, un jour, une vie : Susilo Bambang Yudhoyono

Susilo Bambang Yudhoyono, souvent surnommé SBY, est né le 9 septembre 1949 à Pacitan, dans l'est de Java, en Indonésie. Il fête aujourd'hui son 75e anniversaire. Il est reconnu comme l'un des dirigeants les plus influents de l'histoire contemporaine de l'Indonésie, ayant été le premier président du pays élu au suffrage direct. Yudhoyono a dirigé l'Indonésie de 2004 à 2014, et a marqué son mandat par une approche axée sur la stabilité politique, la croissance économique, et la lutte contre la corruption.

Issu d'une famille militaire, Yudhoyono a suivi les traces de son père, un officier de l'armée indonésienne, en rejoignant l'Académie militaire nationale en 1973. Il s'est rapidement distingué au sein de l'armée, gravissant les échelons pour atteindre le grade de général quatre étoiles. Il a également étudié à l'étranger, notamment aux États-Unis, où il a suivi des cours à l'US Army Command and General Staff College, ainsi qu'à l'université Webster, où il a obtenu un diplôme de master en gestion. Plus tard, en 2004, il a achevé un doctorat en économie agricole à l'Institut agricole de Bogor, soulignant son engagement envers l'éducation et la politique économique.

Avant de devenir président, Yudhoyono a occupé divers postes au sein du gouvernement, notamment celui de ministre de la Sécurité et des Affaires politiques et sociales. Son expérience militaire et sa réputation de dirigeant pragmatique et respectueux des droits de l'homme l'ont aidé à se présenter comme un réformateur lors des élections présidentielles de 2004. Il a remporté cette élection face à Megawati Sukarnoputri, devenant ainsi le sixième président d'Indonésie. Il a été réélu en 2009 pour un second mandat, avec un soutien populaire massif.

Pendant ses deux mandats, Yudhoyono a entrepris de nombreuses réformes, notamment en modernisant l'administration et en réduisant la corruption, un problème récurrent dans la politique indonésienne. Il a également pris des mesures pour stabiliser l'économie du pays en réduisant les subventions énergétiques et en promouvant l'investissement étranger. Sa gestion de la catastrophe du tsunami de 2004, qui a dévasté la région d'Aceh, lui a valu les éloges internationaux pour son leadership dans une période de crise. Il a négocié un accord de paix avec le Mouvement pour l'indépendance d'Aceh en 2005, mettant fin à un conflit de plusieurs décennies, et il est souvent appelé le "Père de la Paix" en Indonésie.

Outre ses réussites sur le plan national, Yudhoyono a aussi cherché à positionner l'Indonésie sur la scène internationale. Il a joué un rôle actif dans les forums internationaux tels que l'ASEAN et a tenté de participer à des initiatives de médiation dans des conflits internationaux, bien que ses efforts n'aient pas toujours été couronnés de succès. Sous son mandat, les relations entre l'Indonésie et les États-Unis se sont renforcées, et il a été reconnu pour ses compétences diplomatiques.

Après avoir quitté la présidence en 2014, Yudhoyono est resté actif en politique, notamment à travers son rôle au sein du Parti démocratique qu'il avait fondé. Il a également reçu plusieurs distinctions internationales pour son engagement en faveur de la paix, de la protection de l'environnement, et de la gestion des risques de catastrophe, notamment le prix des Nations Unies de "Champion mondial pour la réduction des risques de catastrophe" en 2011.

En 2019, il a perdu son épouse, Kristiani Herawati, qui l’avait soutenu tout au long de sa carrière politique. Depuis, Yudhoyono s'est davantage consacré à des activités de réflexion et de conseils politiques, tout en restant une figure respectée dans son pays.

En 2024, à l'âge de 75 ans, Susilo Bambang Yudhoyono demeure une figure emblématique de la transition démocratique en Indonésie et un exemple de dirigeant qui a su combiner une solide formation militaire avec une gouvernance civile efficace.


9 septembre, un jour, un décès : Samuel Doe

Samuel Kanyon Doe, né le 6 mai 1951 à Tuzon, dans le comté de Grand Gedeh au Liberia, fut l’un des leaders politiques les plus controversés de l'histoire libérienne. D'origine modeste et issu de l'ethnie Krahn, il gravit rapidement les échelons de l'armée libérienne, atteignant le grade de master sergeant en 1979. En avril 1980, à seulement 28 ans, il prit le pouvoir lors d'un coup d'État sanglant qui mit fin au règne de William Tolbert. Ce coup d'État marqua un tournant historique pour le Liberia, mettant fin à 133 ans de domination politique des Americo-Libériens, une élite descendante d'anciens esclaves américains qui avait longtemps dirigé le pays.

Le coup d'État de 1980, mené par Doe et ses compagnons d'armes, fut brutal. Tolbert fut tué, ainsi que de nombreux membres de son gouvernement, qui furent exécutés publiquement. Doe devint le chef de l'État et établit un gouvernement militaire sous le nom de Conseil de rédemption du peuple (PRC). Pour la première fois depuis l'indépendance du Liberia, un indigène d'origine africaine gouvernait le pays. Cependant, bien que son ascension ait été saluée par une partie de la population, les premières années de son régime furent marquées par la répression, des violations des droits de l'homme, et une forte corruption.

En 1985, Doe organisa des élections qui furent largement considérées comme truquées, lui permettant de rester au pouvoir en tant que président civil. Son règne se poursuivit avec un favoritisme ethnique évident envers les Krahns, marginalisant d'autres groupes, notamment les Mano et les Gio, ce qui alimenta des tensions ethniques croissantes. Ces tensions, combinées à une gestion économique inefficace et à une répression violente des opposants politiques, menèrent à un mécontentement généralisé et à l'isolement international de son régime.

En 1989, Charles Taylor, à la tête du Front national patriotique du Liberia (NPFL), lança une rébellion armée contre le régime de Doe, marquant le début de la première guerre civile libérienne. Taylor était soutenu par les groupes ethniques qui avaient souffert sous le régime de Doe. Au cours de cette guerre, les forces de Doe perdirent rapidement le contrôle du pays. En septembre 1990, alors que Monrovia était encerclée par les rebelles, Doe fut capturé par une faction dissidente dirigée par Prince Johnson. Ce dernier fit torturer et exécuter Doe dans des conditions brutales, et cette exécution fut filmée, faisant de Samuel Doe le premier chef d'État à être torturé et exécuté devant des caméras.

Samuel Doe est mort le 9 septembre 1990 à l'âge de 39 ans. Son régime laissa un héritage complexe, fait de divisions ethniques exacerbées, de répression et de guerres civiles qui allaient continuer à ravager le Liberia pendant plus d'une décennie après sa mort. Bien que son coup d'État ait initialement suscité l'espoir d'une plus grande inclusion des populations indigènes, sa gestion autoritaire et corrompue a finalement plongé le pays dans une longue période d'instabilité et de souffrance.