3 septembre, un jour, une vie : Levy Mwanawasa
Levy Patrick Mwanawasa, né le 3 septembre 1948 à Mufulira, en Zambie, fut une figure éminente de la politique zambienne et servit comme le troisième président de la République de Zambie de 2002 jusqu'à sa mort le 19 août 2008. Mwanawasa est reconnu pour sa lutte acharnée contre la corruption et son engagement envers les réformes économiques, qui ont marqué son mandat présidentiel.
Mwanawasa a commencé sa carrière comme avocat après avoir obtenu son diplôme de droit à l'Université de Zambie en 1973. Il s'est rapidement fait un nom en tant qu'avocat réputé, ce qui l'a conduit à entrer en politique. En 1991, après le retour de la Zambie au multipartisme, il a été nommé vice-président sous la présidence de Frederick Chiluba. Cependant, son passage en tant que vice-président a été de courte durée; il a démissionné en 1994 en raison de son désaccord avec la corruption grandissante au sein du gouvernement.
Après une période de retrait de la vie politique, il a été persuadé de se présenter à l'élection présidentielle de 2001, où il a remporté de justesse une victoire sous la bannière du Mouvement pour la Démocratie Multipartite (MMD). Mwanawasa est entré en fonction en janvier 2002 et s'est rapidement fait connaître pour son approche rigoureuse contre la corruption, initiant des réformes judiciaires et économiques significatives. Il n’a pas hésité à poursuivre en justice plusieurs hauts responsables, y compris son prédécesseur, Chiluba, pour des accusations de corruption.
Le mandat de Mwanawasa a été marqué par une série de réformes économiques visant à stabiliser l'économie zambienne, qui était alors en difficulté. Sous sa direction, la Zambie a atteint le point de décision pour l'Initiative des pays pauvres très endettés (PPTE), ce qui a conduit à l'allègement de la dette extérieure de 6 milliards de dollars. Cet allègement a permis au pays de libérer des ressources pour le développement économique et social, en particulier dans les secteurs de l'agriculture et des infrastructures. Mwanawasa a aussi revitalisé l'industrie minière, crucial pour l'économie du pays, en attirant des investissements étrangers et en restructurant les opérations minières.
Mwanawasa a souvent été salué pour sa gestion prudente de l'économie, qui a conduit à une réduction de l'inflation et une stabilisation de la monnaie zambienne, le kwacha. Il a également été un défenseur des droits humains et de la démocratie, en garantissant une plus grande liberté de la presse et en respectant l'indépendance du pouvoir judiciaire. Malgré ces succès, son mandat n’a pas été sans controverses; ses politiques austères et son style de gouvernance parfois perçu comme autoritaire ont suscité des critiques, notamment de la part de l'opposition dirigée par Michael Sata.
Le 29 juin 2008, Mwanawasa a subi un accident vasculaire cérébral alors qu'il assistait à un sommet de l'Union africaine en Égypte. Il a été transféré en France pour y recevoir des soins, mais son état s'est détérioré, et il est décédé le 19 août 2008 à l'âge de 59 ans, à Paris. Sa mort a été un choc pour la nation zambienne, où il était largement respecté pour son intégrité et son engagement envers le bien-être du pays.
Levy Mwanawasa laisse derrière lui un héritage de réformes économiques et de lutte contre la corruption, qui ont jeté les bases de la stabilité politique et économique de la Zambie. Il est souvent considéré comme l'un des leaders les plus efficaces du pays, ayant guidé la Zambie à travers des moments économiques difficiles avec une vision claire et un dévouement inébranlable à l'amélioration de la vie de ses concitoyens.
3 septembre, un jour, un décès : Ferit Melen
Ferit Sadi Melen, né en 1906 à Van, en Turquie, fut une figure politique majeure de son pays, marquant l’histoire en tant que Premier ministre et ministre de la Défense. Diplômé en finances de l'École des sciences politiques de l'Université d'Ankara en 1931, Melen commença sa carrière dans la fonction publique, où il se fit rapidement remarquer par ses compétences en gestion financière. Il poursuivit sa formation avec un stage au ministère des Finances en France, ce qui renforça son expertise.
En 1943, Melen fut promu directeur général au ministère des Finances, poste qui lui permit d’acquérir une grande influence dans les cercles politiques. Sa carrière politique prit véritablement son essor lorsqu’il fut élu député de Van sous la bannière du Parti républicain du peuple (CHP) en 1950. Après un bref retrait de la politique en 1954, il retourna au Parlement en 1957, consolidant ainsi sa position.
Melen joua un rôle clé dans plusieurs gouvernements, notamment en tant que ministre des Finances dans les deux cabinets d’?smet ?nönü de 1962 à 1965. Cependant, en 1967, il quitta le CHP pour co-fonder le Parti de la Confiance (Güven Partisi), démontrant son désir de réformes et d'indépendance politique. Il devint par la suite ministre de la Défense nationale dans les gouvernements de Nihat Erim, de 1971 à 1972.
En 1972, après la démission de Nihat Erim, Ferit Melen fut nommé Premier ministre d’un gouvernement de coalition approuvé par l'armée, dans un contexte de forte instabilité politique en Turquie. Son mandat, marqué par des mesures rigides pour maintenir l'ordre, y compris l'imposition de la loi martiale, se termina en 1973. Melen continua néanmoins à jouer un rôle important dans la politique turque, notamment en redevenant ministre de la Défense dans le gouvernement de Süleyman Demirel de 1975 à 1977.
La carrière de Melen fut également marquée par son service au Sénat turc, où il représenta la province de Van de 1964 à 1979. Après le coup d'État militaire de 1980, il fut nommé de nouveau sénateur, mais sa carrière politique s’acheva avec la dissolution du Sénat la même année. En 1983, il fut réélu député sous l’égide du Parti de la démocratie nationaliste (MDP).
Ferit Melen décéda le 3 septembre 1988 à Ankara, à l'âge de 82 ans. Son héritage perdure, notamment à travers l’aéroport de Van qui porte son nom, un témoignage de son influence durable dans sa région natale et dans la politique turque en général. Sa vie est un exemple de l'engagement envers le service public et la gouvernance, marquée par une volonté constante de maintenir la stabilité et de promouvoir les réformes dans une période tumultueuse de l'histoire turque.