21 août, un jour, une vie : Mohamed VI
Mohammed VI, né le 21 août 1963 à Rabat, est le 23e monarque de la dynastie alaouite et le troisième à porter le titre de roi du Maroc, depuis son accession au trône le 23 juillet 1999, suite au décès de son père, Hassan II. Il célèbre aujourd'hui son 61e anniversaire, une étape marquante dans sa vie et son règne.
Dès son enfance, Mohammed VI a été préparé à son rôle de futur roi. Il a suivi une éducation rigoureuse au Collège royal de Rabat, avant de poursuivre des études supérieures en droit à l’Université Mohammed V de Rabat, puis à l’Université de Nice en France, où il a obtenu un doctorat en droit en 1993. Son éducation l’a doté d’une solide compréhension des enjeux politiques et économiques, tant au niveau national qu’international.
Lorsqu'il monte sur le trône en 1999, le Maroc est en pleine transition après un règne marqué par des tensions politiques sous Hassan II. Mohammed VI se distingue rapidement par son style de gouvernance plus moderne et ouvert, se positionnant comme un "roi des pauvres" et s'engageant à améliorer les conditions de vie de la population. L’un de ses premiers actes majeurs est la mise en place de la Commission Équité et Réconciliation en 2004, chargée de faire la lumière sur les violations des droits de l’homme commises durant les "années de plomb" sous le règne de son père. Cette initiative symbolise son engagement envers les droits de l’homme et la réconciliation nationale.
Tout au long de son règne, Mohammed VI a entrepris de nombreuses réformes visant à moderniser le Maroc. Il a initié des réformes constitutionnelles en 2011, dans le contexte des soulèvements du Printemps arabe, qui ont réduit ses pouvoirs et renforcé ceux du Parlement et du Premier ministre. Cette démarche visait à répondre aux aspirations démocratiques des Marocains tout en préservant la stabilité du royaume. Sous son règne, le Maroc a également renforcé ses relations diplomatiques, notamment avec les pays africains, consolidant ainsi son rôle de leader régional.
Le roi a également été un fervent défenseur de la cause des femmes, en réformant le code de la famille marocain, connu sous le nom de Moudawana, qui a amélioré les droits des femmes en matière de mariage, de divorce et de garde des enfants. Il a aussi lancé l’Initiative Nationale pour le Développement Humain (INDH) en 2005, un programme ambitieux visant à lutter contre la pauvreté, l'exclusion sociale et la précarité, qui a transformé de nombreuses vies dans les régions les plus défavorisées du Maroc.
Cependant, le règne de Mohammed VI n’a pas été sans défis. Ces dernières années, sa santé est devenue une préoccupation majeure. Le roi souffre de sarcoïdose, une maladie inflammatoire qui l’a contraint à réduire ses apparitions publiques et à limiter ses déplacements. Cela a conduit à une certaine inquiétude parmi ses sujets, d'autant plus que sa santé semble affecter son apparence physique et sa capacité à gouverner avec l'énergie qui le caractérisait autrefois.
En plus de sa maladie, le roi a traversé des moments personnels difficiles, notamment sa séparation avec la princesse Lalla Salma en 2018, après des années de mariage. Ce divorce a marqué un tournant dans sa vie personnelle et publique, accentuant son isolement et son retrait de la scène publique.
Malgré ces défis, Mohammed VI continue de diriger le Maroc, cherchant à équilibrer tradition et modernité, tout en œuvrant pour un développement économique et social durable. Son règne, qui s’étend désormais sur plus de deux décennies, a vu le Maroc progresser sur de nombreux fronts, mais il reste confronté à des enjeux importants, notamment en matière de justice sociale, de gouvernance et de développement régional.
En 2024, à l’âge de 61 ans, Mohammed VI demeure une figure centrale du paysage politique marocain, même si son rôle évolue en raison de sa santé et des dynamiques sociales et politiques changeantes. Son héritage est marqué par des réformes profondes et une volonté de transformer le Maroc en une nation moderne, tout en préservant les valeurs culturelles et religieuses qui sont au cœur de l’identité marocaine.
21 août, un jour, un décès : Bajram Rexhepi
Bajram Rexhepi, né le 3 juin 1954 à Mitrovica, était un homme politique et chirurgien kosovar qui a joué un rôle crucial dans les premières années de la formation de l'État kosovar après la guerre. Il est décédé le 21 août 2017 à l'âge de 63 ans, à Istanbul, des suites d'une hémorragie cérébrale.
Rexhepi a commencé sa carrière en tant que chirurgien après avoir obtenu son diplôme de la Faculté de Médecine de l'Université de Pristina en 1979. Il a poursuivi sa formation spécialisée en chirurgie générale à Zagreb, devenant rapidement un médecin respecté à l'hôpital régional de Mitrovica. Cependant, son parcours ne se limitait pas à la médecine. En 1998, en pleine guerre du Kosovo, il a rejoint l'Armée de Libération du Kosovo (UÇK) en tant que médecin militaire, soignant les combattants blessés dans les montagnes de Shala. Son engagement auprès de l'UÇK a marqué un tournant décisif dans sa vie, le propulsant sur la scène politique du pays.
Après la guerre, Rexhepi a été élu maire de Mitrovica en 1999, une ville particulièrement symbolique en raison de sa division ethnique entre Albanais et Serbes. Il a rapidement gagné une réputation de leader déterminé à maintenir l'unité et la paix dans une région fortement fragmentée. En 2002, il est devenu le premier Premier ministre élu du Kosovo, après la fin de l'administration directe de l'ONU, marquant ainsi une étape importante dans l'établissement de l'autonomie du pays. Durant son mandat, il s'est efforcé de favoriser la réconciliation entre les communautés albanaise et serbe, malgré les tensions persistantes.
En tant que Premier ministre, Rexhepi a dû naviguer dans un contexte politique extrêmement complexe, tant sur le plan national qu'international. Il a notamment cherché à instaurer un dialogue constructif avec la minorité serbe, visitant des enclaves serbes et participant à des cérémonies religieuses orthodoxes pour montrer son engagement en faveur de la coexistence pacifique. Ces efforts lui ont valu l'admiration de certains, mais aussi des critiques, y compris au sein de sa propre communauté. Malgré ces défis, il a maintenu une ligne de conduite visant à stabiliser le Kosovo et à préparer le terrain pour son indépendance, qui sera finalement déclarée en 2008, quelques années après son mandat.
Après son service en tant que Premier ministre, Rexhepi a continué à jouer un rôle actif dans la politique kosovare. Il a servi comme ministre de l'Intérieur, où il a dirigé des opérations de sécurité sensibles, notamment l'envoi de forces spéciales au nord du Kosovo pour réaffirmer la souveraineté de Pristina sur cette région majoritairement peuplée de Serbes. Cependant, en 2010, il a décidé de se retirer de la vie politique active, un choix motivé en grande partie par des problèmes de santé qui commençaient à se manifester.
En avril 2017, Bajram Rexhepi a subi un accident vasculaire cérébral qui a gravement affecté sa santé. Transporté en urgence en Turquie pour des soins spécialisés, son état est resté critique, malgré tous les efforts médicaux déployés. Il est décédé quelques mois plus tard, le 21 août 2017, laissant derrière lui un héritage complexe d'un leader engagé, à la fois dans la lutte pour l'indépendance du Kosovo et dans les efforts pour construire un État fonctionnel et inclusif.
Son décès a été marqué par une cérémonie funéraire d'État, où de nombreuses figures politiques kosovares se sont rassemblées pour lui rendre hommage. Bajram Rexhepi a été inhumé dans son village natal de Shipol, près de Mitrovica, soulignant le lien profond qu'il a toujours maintenu avec sa terre et sa communauté natales.