2 août, un jour, une vie : Jorge Rafael Videla
Jorge Rafael Videla est né le 2 août 1925 à Mercedes, en Argentine. Il était le troisième des cinq enfants de Rafael Videla, un colonel de l'armée, et de María Olga Redondo. Issu d'une famille influente, plusieurs de ses ancêtres avaient occupé des postes élevés, comme son grand-père Jacinto, gouverneur de la province de San Luis.
Videla a suivi une formation militaire au Collège militaire de la nation, où il a obtenu son diplôme en 1944. Il a rapidement progressé dans sa carrière, atteignant le grade de général de brigade en 1971. En 1975, il a été nommé commandant en chef de l'armée argentine par Isabel Perón, alors présidente du pays.
Le 24 mars 1976, Videla a dirigé un coup d'État militaire qui a renversé Isabel Perón, marquant le début de la dictature militaire connue sous le nom de "Processus de réorganisation nationale". Videla est devenu président de facto, un poste qu'il a occupé jusqu'en 1981. Durant son règne, l'Argentine a connu une période de répression intense, connue sous le nom de "guerre sale", où le gouvernement a ciblé les opposants politiques, les syndicalistes et d'autres civils. On estime que des milliers de personnes ont été enlevées, torturées et tuées pendant cette période.
Videla a justifié ces actions en les qualifiant de mesures nécessaires pour lutter contre le terrorisme et maintenir l'ordre. Cependant, ses méthodes ont été largement condamnées pour leurs violations des droits de l'homme. En 1985, après le retour à la démocratie en Argentine, Videla a été jugé et condamné à la prison à vie pour son rôle dans les violations des droits de l'homme. Il a été gracié en 1990 par le président Carlos Menem, mais a été de nouveau arrêté en 1998 pour des accusations de vol de bébés, un crime pour lequel il a été condamné en 2012 à 50 ans de prison.
Jorge Rafael Videla est décédé en prison le 17 mai 2013 à l'âge de 87 ans. Son héritage reste controversé; il est souvent rappelé pour la brutalité de son régime et les terribles conséquences de ses politiques de répression. Les familles des victimes continuent de chercher justice et vérité pour les crimes commis durant sa dictature.
2 août, un jour, un décès : Michel Debré
Michel Jean-Pierre Debré est né le 15 janvier 1912 à Paris, dans une famille influente. Son père, Robert Debré, était un éminent professeur de médecine considéré comme le fondateur de la pédiatrie moderne en France. Michel Debré a suivi une éducation prestigieuse, obtenant un diplôme de la Faculté de droit de Paris et de l'École libre des sciences politiques.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, Debré a servi comme officier de cavalerie et a rejoint la Résistance française après l'invasion de la zone libre par les Allemands en 1942. Il a été nommé commissaire de la République pour Angers par le général Charles de Gaulle en 1944, jouant un rôle crucial dans l'épuration et la réorganisation de l'administration française post-libération. Il a également contribué à la création de l'École nationale d'administration (ENA) en 1945, visant à moderniser la fonction publique française.
Sous la Quatrième République, Debré a d'abord soutenu l'Union démocratique et socialiste de la Résistance avant de rejoindre le Rassemblement du peuple français (RPF) fondé par de Gaulle. En 1948, il est élu sénateur d'Indre-et-Loire, un poste qu'il occupe jusqu'en 1958. Pendant cette période, il milite vigoureusement pour le maintien de l'Algérie française.
Lorsque de Gaulle revient au pouvoir en 1958, Debré est nommé garde des Sceaux et joue un rôle clé dans la rédaction de la Constitution de la Cinquième République. En janvier 1959, il devient le premier Premier ministre de la Cinquième République, fonction qu'il occupe jusqu'en 1962. Sous son mandat, il soutient les politiques de décolonisation de de Gaulle, bien qu'il ait personnellement des réserves sur l'indépendance de l'Algérie.
Après son mandat de Premier ministre, Debré continue de jouer un rôle important dans la politique française, occupant divers postes ministériels, notamment celui de ministre de l'Économie et des Finances (1966-1968), ministre des Affaires étrangères (1968-1969) et ministre de la Défense (1969-1973). En 1981, il se présente à l'élection présidentielle mais obtient un résultat très faible.
Michel Debré meurt le 2 août 1996 à Montlouis-sur-Loire, à l'âge de 84 ans, des suites de la maladie de Parkinson. Il laisse derrière lui un héritage important, étant reconnu comme l'un des principaux architectes de la Cinquième République et un fervent défenseur des idées gaullistes.