25 juillet, un jour, une vie : Arthur Balfour
Arthur James Balfour, né le 25 juillet 1848 à Whittingehame, East Lothian, Écosse, et décédé le 19 mars 1930 à Woking, Surrey, Angleterre, fut un homme d'État britannique influent et membre du Parti conservateur. Issu d'une famille aristocratique, il était le fils de James Maitland Balfour et de Lady Blanche Gascoyne-Cecil, sœur de Robert Cecil, 3ème marquis de Salisbury, qui fut également Premier ministre à plusieurs reprises.
Balfour a été éduqué à Eton et au Trinity College de Cambridge, où il a obtenu son diplôme en 1869. En 1874, il entra au Parlement comme député conservateur de Hertford. Sa carrière politique fut marquée par plusieurs postes ministériels importants, souvent sous la direction de son oncle, Lord Salisbury. Il fut notamment nommé Secrétaire en chef pour l'Irlande en 1887, où il se fit connaître par ses politiques répressives visant à étouffer les troubles agraires.
En 1902, à la retraite de son oncle, Balfour devint Premier ministre. Durant son mandat, il introduisit la loi sur l'éducation de 1902 qui réorganisa le système scolaire en Angleterre et au Pays de Galles, et il négocia l'Entente cordiale avec la France en 1904, une étape cruciale dans les relations internationales de l'époque. Cependant, sa gestion des affaires gouvernementales fut marquée par des divisions internes au sein du Parti conservateur, notamment sur la question des tarifs douaniers, ce qui affaiblit son leadership. En 1905, il démissionna et les conservateurs subirent une défaite écrasante aux élections suivantes.
Malgré ce revers, Balfour continua d'influencer la politique britannique. Il joua un rôle clé dans la crise constitutionnelle de 1909-1911, cherchant à limiter le pouvoir du gouvernement libéral à travers la Chambre des Lords dominée par les conservateurs. Il quitta finalement la tête du parti en 1911.
La contribution la plus mémorable de Balfour à la politique internationale fut sans doute la Déclaration Balfour de 1917, rédigée alors qu'il était Secrétaire aux Affaires étrangères dans le gouvernement de Lloyd George. Cette déclaration soutenait la création d'un foyer national pour le peuple juif en Palestine, marquant un tournant significatif dans l'histoire du Moyen-Orient et ayant des répercussions durables sur la région.
Outre ses activités politiques, Balfour était également reconnu comme philosophe et intellectuel. Il publia plusieurs ouvrages, dont "A Defence of Philosophic Doubt" en 1879 et "The Foundations of Belief" en 1896. Ses écrits reflétaient une profonde réflexion sur la relation entre science, religion et philosophie, et il occupa deux fois un siège au conseil de la Royal Society.
Arthur Balfour ne se maria jamais, bien que profondément affecté par la mort prématurée de sa cousine May Lyttleton, avec qui il envisageait de se marier. Il maintint toute sa vie une amitié étroite avec Mary Wemyss, qui devint plus tard la comtesse d'Elcho.
À sa retraite, Balfour fut fait comte de Balfour en 1922, un titre qui lui permit de siéger à la Chambre des Lords jusqu'à sa mort en 1930. Sa dépouille repose à l'église de Whittingehame, son lieu de naissance.
Arthur Balfour laisse derrière lui un héritage complexe, marqué par ses contributions à la politique britannique, tant nationale qu'internationale, et par son rôle dans des événements cruciaux de son époque, tels que l'établissement de relations diplomatiques et la formation de politiques ayant un impact durable.
25 juillet, un jour, un décès : Beji Caid Essebsi
Béji Caïd Essebsi, né le 29 novembre 1926 à Sidi Bou Saïd, en Tunisie, et décédé le 25 juillet 2019 à Tunis, à l'âge de 92 ans, fut une figure politique marquante de la Tunisie. Issu d'une famille élitiste, ses ancêtres avaient des origines sardes, son arrière-grand-père ayant été capturé par des corsaires barbaresques et intégré à la société tunisienne après sa conversion à l'Islam.
Il commença son engagement politique en 1941 en rejoignant le mouvement de jeunesse du parti nationaliste Néo-Destour. Après avoir étudié le droit à Paris, il entama une carrière d'avocat, défendant notamment les militants du Néo-Destour. Suite à l'indépendance de la Tunisie en 1956, il devint un proche conseiller de Habib Bourguiba, le premier président tunisien, occupant divers postes importants tels que directeur de la sûreté nationale, ministre de l'Intérieur, ministre de la Défense, et ambassadeur en France.
Cependant, Essebsi se démarqua de Bourguiba en 1971, appelant à plus de démocratie, ce qui le poussa à démissionner et à publier ses raisons dans "Le Monde". Il réintégra le gouvernement en 1981 en tant que ministre des Affaires étrangères, mais après la prise de pouvoir par Zine el-Abidine Ben Ali en 1987, il s'éloigna progressivement de la scène politique, avant de revenir comme président de la Chambre des députés de 1990 à 1991.
La révolution tunisienne de 2011, qui renversa Ben Ali, marqua un tournant décisif dans la carrière de Essebsi. Il fut nommé Premier ministre par intérim en février 2011, un rôle dans lequel il supervisa la transition du pays vers une démocratie. Il fonda ensuite le parti Nidaa Tounes en 2012, qui se positionnait comme une alternative séculière aux mouvements islamistes. En décembre 2014, à 88 ans, il devint le premier président élu démocratiquement en Tunisie, battant Moncef Marzouki avec 55,86 % des voix.
Son mandat présidentiel fut marqué par sa capacité à forger des compromis, notamment en formant un gouvernement de coalition avec le parti islamiste Ennahda, ce qui contribua à stabiliser le pays pendant une période de grande division politique. Toutefois, son gouvernement fut aussi critiqué pour son manque d'opposition réelle, et certaines de ses décisions furent perçues comme des reculs en matière de droits humains.
Essebsi joua également un rôle clé dans la promulgation de nouvelles lois progressistes, notamment celles criminalisant la violence contre les femmes et établissant l'égalité en matière d'héritage entre les hommes et les femmes. Néanmoins, son héritage demeure complexe, certains le voyant comme un symbole de continuité politique et d'autres comme un vestige de l'ancien régime qui étendait trop le pouvoir présidentiel.
Essebsi est décédé d'une insuffisance respiratoire le 25 juillet 2019, jour de l'anniversaire de la proclamation de la République tunisienne. Son décès à l'âge de 92 ans marqua la fin d'une ère, laissant un héritage durable et une influence profonde sur la politique tunisienne moderne.