Matthias Diependaele fête aujourd'hui ses 47 ans. Né le 7 août 1979 à Saint-Nicolas, dans la province de Flandre-Orientale, il célèbre cet anniversaire au sommet de l'exécutif régional flamand, poste qu'il occupe depuis moins de deux ans mais qui a fait de lui l'un des hommes les plus puissants de Belgique. À la tête d'une région de plus de six millions et demi d'habitants, il incarne aujourd'hui l'aile de gouvernement d'un mouvement nationaliste flamand longtemps cantonné à la contestation.
Sa nomination comme Ministre-Président de la Région flamande, en septembre 2024, a couronné une ascension méthodique au sein de la Nouvelle Alliance flamande, la N-VA, formation qu'il n'a jamais quittée. Le gouvernement qui porte désormais son nom, dit Diependaele I, cumule sur sa personne un portefeuille impressionnant : au-delà de la présidence de l'exécutif, il détient l'Économie, l'Innovation et l'Industrie, les Affaires étrangères, la Numérisation et la Gestion des installations. Rares sont les dirigeants régionaux à concentrer autant de compétences.
Son parcours est celui d'un homme du droit avant d'être celui d'un homme de pouvoir. En 2006, il achève avec succès ses études universitaires à Louvain, où il obtient une licence en droit assortie d'une spécialisation en droit international et européen. Cette formation juridique, il ne l'a jamais reniée, et elle transparaît dans une manière de gouverner réputée rigoureuse, attentive aux textes et aux procédures, éloignée des coups d'éclat.
Sa carrière politique démarre véritablement en 2009, avec une première élection au Parlement flamand. Il s'y impose rapidement comme une valeur montante de la N-VA. En 2013, il accède à la fonction de chef de groupe de son parti au Parlement, poste stratégique qui fait de lui l'un des principaux négociateurs et porte-parole de la formation dans l'hémicycle régional. C'est là, dans le travail parlementaire quotidien, qu'il forge sa réputation de technicien solide plutôt que de tribun flamboyant.
Le 2 octobre 2019, il entre au gouvernement flamand comme ministre des Finances, du Budget, du Logement et du Patrimoine immobilier. Cette expérience à la gestion des comptes régionaux le prépare aux responsabilités supérieures. Cinq ans durant, il tient les cordons de la bourse d'une région dont le poids économique dépasse celui de nombreux États souverains, apprentissage précieux pour qui aspire à diriger l'ensemble de l'exécutif.
La N-VA, dont il est l'un des cadres, défend un projet clair : l'autonomie renforcée de la Flandre au sein de la Belgique, voire, à terme, une évolution confédérale du pays. Ce nationalisme flamand, ancré à droite sur les questions économiques et migratoires, constitue le cœur de l'identité du mouvement. En accédant à la présidence de l'exécutif régional, Diependaele hérite de la charge de traduire cette ambition en politiques concrètes, exercice qui suppose autant de fermeté idéologique que de sens du compromis dans un pays fédéral complexe.
Son quotidien de dirigeant est fait d'arbitrages économiques. Fin janvier 2026, il prononçait devant les représentants du monde des affaires un discours consacré à sa feuille de route pour l'économie et l'innovation flamandes, deux domaines qu'il pilote directement. La Flandre, région industrielle et exportatrice, port d'Anvers en tête, mise sur la compétitivité, la recherche et le numérique pour tenir son rang dans une Europe traversée par les tensions commerciales. Diependaele s'est fait le porte-voix de cette stratégie, insistant sur l'attractivité de sa région pour les investisseurs.
Sa déclaration gouvernementale de rentrée, tenue en septembre, a fixé le cap sur les enjeux économiques et industriels qui dominent son mandat. Là où d'autres dirigeants misent sur le verbe et la mise en scène, il privilégie une communication centrée sur les dossiers, fidèle à son profil de juriste-gestionnaire. Cette sobriété, ses partisans y voient une marque de sérieux, ses détracteurs le signe d'un dirigeant technocratique, plus à l'aise dans les chiffres que dans le récit politique.
La Belgique reste un pays où la question communautaire structure la vie publique. Entre Flamands néerlandophones et Wallons francophones, l'équilibre est fragile, et chaque décision régionale résonne au niveau fédéral. En pilotant la Flandre, la région la plus peuplée et la plus riche du royaume, Diependaele occupe une position d'où l'on pèse sur l'avenir institutionnel du pays tout entier. Ses prises de position sur l'autonomie flamande sont scrutées jusqu'à Bruxelles, où le gouvernement fédéral compose avec des forces politiques aux intérêts divergents.
À 47 ans, il représente une génération de responsables nationalistes flamands qui n'ont plus à conquérir la légitimité gouvernementale, mais à démontrer leur capacité à gouverner durablement. Diependaele n'est plus l'opposant qui interpelle, il est celui qui décide, qui signe, qui assume les résultats. Cette mue, du parlementaire contestataire au chef d'exécutif comptable de ses choix, marque un tournant tant pour lui que pour son mouvement.
Le juriste de Saint-Nicolas, formé à Louvain au droit international, dirige aujourd'hui l'une des régions les plus prospères d'Europe. Son mandat, entamé en 2024, se jouera sur sa capacité à concilier l'ambition autonomiste de son parti et la gestion pragmatique d'une économie exposée aux vents contraires du commerce mondial. Le prochain conseil des ministres flamand l'attend, et avec lui la longue liste de dossiers économiques qui font désormais l'ordinaire d'un anniversaire passé au travail, à Bruxelles.