14 décembre, un jour, une vie : Dilma Rousseff
Dilma Vana Rousseff, née le 14 décembre 1947 à Belo Horizonte, au Brésil, est une économiste et femme politique brésilienne. Aujourd’hui, 14 décembre 2024, elle célèbre son 77? anniversaire. Fille de Pedro Rousseff, un avocat d'origine bulgare, et de Dilma Jane da Silva, une enseignante brésilienne, elle grandit dans une famille de la classe moyenne supérieure. Son père, né Petar Russev en Bulgarie, a émigré au Brésil dans les années 1930 et a adopté le nom de Pedro Rousseff lors de sa naturalisation.
Durant son adolescence, Dilma Rousseff s'engage politiquement contre la dictature militaire instaurée au Brésil en 1964. Elle rejoint des groupes de guérilla urbaine d'extrême gauche, tels que le Commandement de libération nationale (COLINA) et la VAR-Palmares, qui prônent la lutte armée contre le régime militaire. En 1970, elle est arrêtée, emprisonnée pendant près de trois ans et subit des tortures durant sa détention.
Après sa libération en 1973, Rousseff reprend ses études et obtient un diplôme en sciences économiques de l'Université fédérale du Rio Grande do Sul en 1977. Elle entame ensuite une carrière dans la fonction publique, occupant divers postes au sein du gouvernement de l'État du Rio Grande do Sul. En 2001, elle rejoint le Parti des travailleurs (PT) et devient ministre des Mines et de l'Énergie en 2003, sous la présidence de Luiz Inácio Lula da Silva. En 2005, elle est nommée chef de cabinet du président Lula, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste au Brésil.
En 2010, Dilma Rousseff est choisie comme candidate du PT à l'élection présidentielle. Elle remporte le scrutin et devient, le 1? janvier 2011, la première femme présidente du Brésil. Son mandat est marqué par des politiques visant à réduire la pauvreté, à stimuler la croissance économique et à améliorer les infrastructures du pays. En 2014, elle est réélue pour un second mandat.
Cependant, son second mandat est entaché par des scandales de corruption impliquant la compagnie pétrolière d'État Petrobras et par une crise économique majeure. En 2016, le Congrès brésilien lance une procédure de destitution à son encontre, l'accusant de manipulations budgétaires illégales. Le 31 août 2016, le Sénat vote sa destitution, mettant fin à son mandat présidentiel.
Après sa destitution, Dilma Rousseff continue de participer à la vie politique brésilienne, dénonçant ce qu'elle considère comme un coup d'État parlementaire et défendant les politiques progressistes. En mars 2023, elle est nommée présidente de la Nouvelle banque de développement, également connue sous le nom de banque des BRICS, une institution financière internationale fondée par le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud.
Tout au long de sa carrière, Dilma Rousseff a été une figure emblématique de la lutte pour la démocratie et la justice sociale au Brésil. Son parcours, marqué par la résistance à la dictature, l'engagement politique et la résilience face aux défis, continue d'inspirer de nombreux Brésiliens.
14 décembre, un jour, un décès : Stanley Baldwin
Stanley Baldwin, 1er comte Baldwin de Bewdley, est né le 3 août 1867 à Bewdley, dans le Worcestershire, en Angleterre, et est décédé le 14 décembre 1947 à Stourport-on-Severn, à l'âge de 80 ans. Issu d'une famille aisée, il était le fils unique d'Alfred Baldwin, un industriel prospère et président de la Great Western Railway, et de Louisa MacDonald. Par sa mère, il était le cousin germain de l'écrivain Rudyard Kipling et du peintre Sir Edward Burne-Jones, ce qui le plaçait au cœur d'un réseau familial influent dans les milieux artistiques et littéraires britanniques.
Baldwin a reçu une éducation prestigieuse, fréquentant d'abord la Harrow School, puis le Trinity College de l'Université de Cambridge, où il a étudié l'histoire. Après l'obtention de son diplôme, il a rejoint l'entreprise familiale spécialisée dans la sidérurgie, contribuant à son expansion et à sa modernisation. Cette expérience dans le secteur industriel lui a permis de développer une compréhension approfondie des enjeux économiques et sociaux de son époque.
En 1908, à la suite du décès de son père, Baldwin a été élu député conservateur de la circonscription de Bewdley, entamant ainsi une carrière politique qui allait le mener aux plus hautes fonctions de l'État. Il a rapidement gravi les échelons au sein du Parti conservateur, occupant des postes clés tels que secrétaire financier du Trésor de 1917 à 1921, puis président du Board of Trade de 1921 à 1922. Ces responsabilités lui ont permis de se forger une réputation de gestionnaire compétent et de leader pragmatique.
En 1922, Baldwin a joué un rôle déterminant dans le retrait du soutien conservateur au Premier ministre libéral David Lloyd George, provoquant la chute de son gouvernement. Cette manœuvre politique a conduit à la formation d'un gouvernement conservateur dirigé par Andrew Bonar Law, au sein duquel Baldwin a été nommé chancelier de l'Échiquier. À la démission de Bonar Law pour raisons de santé en mai 1923, Baldwin lui a succédé en tant que Premier ministre et chef du Parti conservateur.
Son premier mandat a été marqué par des décisions audacieuses, notamment la convocation d'élections générales en décembre 1923 sur la question des tarifs douaniers. Cette initiative a conduit à la perte de la majorité conservatrice au Parlement et à la formation du premier gouvernement travailliste minoritaire sous la direction de Ramsay MacDonald. Cependant, ce gouvernement n'a duré que quelques mois, et Baldwin est revenu au pouvoir en novembre 1924.
Son second mandat, de 1924 à 1929, a été marqué par des défis majeurs, notamment la grève générale de 1926. Baldwin a adopté une approche combinant fermeté et conciliation, ce qui a permis de mettre fin à la grève sans recours à la violence, renforçant ainsi sa stature de leader capable de maintenir la paix sociale. Cependant, les élections de 1929 ont vu la défaite des conservateurs, et Baldwin a cédé le pouvoir à un gouvernement travailliste.
En 1931, face à une crise économique mondiale, Baldwin a soutenu la formation d'un gouvernement national de coalition dirigé par Ramsay MacDonald, dans lequel il a servi en tant que Lord Président du Conseil. En 1935, il est redevenu Premier ministre, succédant à MacDonald. Son troisième mandat a été dominé par des questions de politique étrangère, notamment la montée des régimes totalitaires en Europe et la crise de l'abdication du roi Édouard VIII en 1936. Baldwin a géré cette dernière avec tact, facilitant l'accession au trône de George VI.
En mai 1937, Baldwin a pris sa retraite de la vie politique active, laissant la place à Neville Chamberlain. Il a été élevé à la pairie en tant que comte Baldwin de Bewdley et a siégé à la Chambre des lords jusqu'à sa mort en 1947. Son héritage politique est complexe; bien qu'il ait été critiqué pour sa politique d'apaisement envers l'Allemagne nazie, il est également reconnu pour son engagement en faveur de la paix sociale et de la stabilité politique durant l'entre-deux-guerres.
Stanley Baldwin reste une figure emblématique de la politique britannique du XX? siècle, incarnant les défis et les contradictions de son époque. Son parcours illustre la complexité de la gouvernance en période de transition et les dilemmes auxquels sont confrontés les leaders politiques dans la quête de l'équilibre entre principes et réalités pragmatiques.