24 novembre, un jour, une vie : Najib Mikati
Najib Mikati, né le 24 novembre 1955 à Tripoli, au Liban, célèbre aujourd'hui, en ce 24 novembre 2024, son 69e anniversaire. Homme d'affaires prospère et homme politique influent, Najib Mikati est devenu l'une des figures clés de la politique libanaise, marquant son pays par plusieurs passages à la tête du gouvernement en tant que Premier ministre. Sa carrière est un mélange complexe de succès dans le monde des affaires et d'engagements politiques dans un contexte national souvent caractérisé par des crises économiques et des tensions sectaires.
Issu d'une famille sunnite de Tripoli, Mikati a grandi dans une ville marquée par les divisions sociales et économiques. Après avoir obtenu un diplôme en administration des affaires de l'Université américaine de Beyrouth, il a poursuivi ses études à l'INSEAD en France et à l'Université Harvard aux États-Unis. Fort de ses connaissances en commerce et en finance, Najib Mikati a cofondé avec son frère Taha la société Investcom, qui a connu un développement fulgurant dans le secteur des télécommunications. Cette société, devenue un acteur majeur dans plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Afrique, a été vendue en 2006 au groupe sud-africain MTN pour plus de 5,5 milliards de dollars, ce qui a consolidé la fortune de Mikati et renforcé sa réputation d'entrepreneur de succès.
L'entrée de Najib Mikati en politique s'est faite en 1998 lorsqu'il a été nommé ministre des Travaux publics et des Transports, un poste qu'il a occupé jusqu'en 2004. Durant cette période, il a supervisé plusieurs projets d'infrastructure destinés à moderniser le Liban, notamment après les années de guerre civile qui avaient laissé des traces profondes dans le pays. Sa gestion pragmatique et son approche non conflictuelle lui ont permis de se faire une place sur la scène politique libanaise, caractérisée par un équilibre délicat entre les différentes communautés religieuses et factions politiques.
En avril 2005, suite à l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri et dans un contexte de manifestations massives contre la présence syrienne au Liban, Mikati a été désigné Premier ministre intérimaire. Il a occupé ce poste pendant quelques mois, supervisant les élections législatives de 2005, qui ont été vues comme un tournant pour l'indépendance politique du Liban. Son mandat a été marqué par sa volonté de rester neutre et de jouer le rôle de médiateur entre les différentes factions politiques, alors que le pays traversait une période de transition critique.
Najib Mikati a de nouveau été nommé Premier ministre en 2011, après une période de crise politique qui avait laissé le pays sans gouvernement pendant plusieurs mois. Son mandat, qui a duré jusqu'en 2014, a été marqué par des tensions croissantes entre les différentes forces politiques libanaises, ainsi que par la guerre civile en Syrie voisine, qui a exacerbé les divisions internes au Liban. Malgré ces défis, Mikati a tenté de maintenir la stabilité et d'assurer la continuité des institutions étatiques, tout en faisant face à des critiques pour son incapacité à résoudre les problèmes économiques croissants et les tensions sectaires qui divisaient le pays.
En 2021, Najib Mikati a été à nouveau appelé à former un gouvernement, dans un contexte de crise économique sans précédent, marquée par une hyperinflation, des pénuries de carburant, et une dévaluation massive de la monnaie libanaise. Ce nouveau mandat a été l'un des plus difficiles de sa carrière politique, alors que le pays se trouvait au bord de l'effondrement économique et social. Mikati a tenté de négocier avec les institutions internationales, telles que le Fonds monétaire international (FMI), pour obtenir des aides financières en échange de réformes structurelles, mais les profondes divisions politiques au sein du pays ont entravé la mise en œuvre de nombreuses réformes nécessaires.
Najib Mikati est souvent perçu comme un pragmatique, un homme politique qui évite les affrontements directs et préfère les compromis, ce qui est à la fois une force et une faiblesse dans un pays aussi polarisé que le Liban. Il a su naviguer entre les différents courants politiques et maintenir des relations avec des acteurs aussi bien locaux qu'internationaux, notamment avec la France, qui a souvent joué un rôle de médiateur dans les crises libanaises. Cependant, son statut de milliardaire et ses activités dans le monde des affaires ont aussi suscité des critiques, certains le voyant comme un membre de l'élite politique et économique qui profite de ses positions de pouvoir sans répondre aux besoins urgents de la population.
Aujourd'hui, en ce 24 novembre 2024, Najib Mikati célèbre son 69e anniversaire en tant qu'un des hommes politiques les plus expérimentés du Liban. Son parcours reflète les défis et les paradoxes de la politique libanaise, où les intérêts personnels, les allégeances communautaires, et les crises incessantes façonnent le destin du pays. Mikati reste une figure incontournable, souvent appelée à jouer un rôle de stabilisateur dans des moments de crise, mais aussi critiquée pour son incapacité à apporter des changements profonds et durables. Sa carrière est un témoignage de la résilience nécessaire pour naviguer dans les eaux troubles de la politique libanaise, tout en tentant de maintenir un semblant de stabilité dans un pays en proie à des défis constants.
24 novembre, un jour, un décès : Georges Clemenceau
Georges Clemenceau, né le 28 septembre 1841 à Mouilleron-en-Pareds, en Vendée, est décédé le 24 novembre 1929 à l'âge de 88 ans. Figure emblématique de la politique française, surnommé "le Tigre" pour sa combativité et "le Père la Victoire" pour son rôle crucial durant la Première Guerre mondiale, Clemenceau a marqué l'histoire de la France par son engagement résolu pour la République et sa volonté inébranlable de mener la France à la victoire contre l'Allemagne.
Issu d'une famille bourgeoise républicaine, Georges Clemenceau a été influencé très tôt par les idées progressistes de son père, Benjamin Clemenceau, un médecin épris de liberté et de justice sociale. Après avoir fait ses études au Lycée de Nantes, puis à la faculté de médecine de Paris, Clemenceau s'est intéressé à la politique, influencé par l'effervescence républicaine de l'époque. En 1865, il s'exile quelque temps aux États-Unis, où il s'imprègne des idéaux de la démocratie américaine, avant de revenir en France pour se lancer dans une carrière politique.
Georges Clemenceau est élu maire du 18ème arrondissement de Paris en 1870, en pleine guerre franco-prussienne, puis député de la Seine. Il participe activement à la fondation de la Troisième République et devient rapidement une figure incontournable de la gauche radicale. Son engagement en faveur de la laïcité, de la défense des libertés publiques, et son opposition farouche au cléricalisme et à la monarchie lui valent une grande popularité, mais aussi de nombreux ennemis. Il se distingue par son verbe acerbe, sa capacité à mener des combats parlementaires intenses, et par son activité de journaliste, notamment dans son propre journal, "La Justice".
En 1898, Clemenceau joue un rôle crucial dans l'affaire Dreyfus, prenant la défense du capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison. Il publie dans son journal "J'accuse...!", la lettre ouverte écrite par Émile Zola, ce qui contribue à faire basculer l'opinion publique en faveur de Dreyfus et à révéler les erreurs judiciaires commises par l'armée et les milieux nationalistes. Ce combat pour la justice renforce sa réputation de défenseur des droits de l'homme et de la République.
Clemenceau accède au poste de président du Conseil (Premier ministre) pour la première fois en 1906. Son gouvernement est marqué par une politique sociale ambitieuse, mais aussi par une répression ferme des mouvements ouvriers, ce qui lui vaut des critiques de la part des milieux syndicaux. Il quitte le pouvoir en 1909, mais reste très influent sur la scène politique. En 1917, alors que la France est en pleine désillusion face à une guerre qui s'éternise, Clemenceau est rappelé au pouvoir à l'âge de 76 ans. Il devient alors président du Conseil pour la seconde fois et s'impose comme l'homme de la situation, incarnant la volonté de résister jusqu'à la victoire.
Surnommé "le Père la Victoire", Clemenceau dirige la France avec une énergie exceptionnelle, motivant les troupes et mobilisant toutes les ressources disponibles pour l'effort de guerre. Il noue des liens étroits avec les Alliés, en particulier avec le Premier ministre britannique David Lloyd George et le président américain Woodrow Wilson, bien qu'il se montre souvent critique envers la vision idéaliste de ce dernier concernant l'après-guerre. Clemenceau, pragmatique et réaliste, souhaite avant tout garantir la sécurité de la France face à l'Allemagne, qu'il considère comme une menace persistante.
Lors de la Conférence de paix de Paris en 1919, Clemenceau joue un rôle majeur dans la négociation du Traité de Versailles, où il insiste pour que l'Allemagne soit lourdement sanctionnée, afin de l'empêcher de redevenir une puissance militaire menaçante. Bien que le traité soit finalement un compromis entre les exigences de vengeance et les appels à la clémence, Clemenceau est convaincu d'avoir obtenu les meilleures garanties possibles pour la sécurité de la France. Cependant, il subit des critiques à la fois de ceux qui trouvent le traité trop clément et de ceux qui le jugent trop dur.
Après la guerre, Clemenceau se présente à l'élection présidentielle de 1920, mais il est battu, en partie à cause de ses ennemis politiques qui le considèrent trop autoritaire et parce qu'il refuse de faire campagne, estimant que son bilan devrait parler pour lui. Déçu, il se retire de la vie politique active et consacre ses dernières années à écrire et à voyager. Il publie notamment "Au soir de la pensée", un recueil de réflexions où il expose sa vision de la vie, de la politique et de la guerre.
Georges Clemenceau meurt le 24 novembre 1929 à l'âge de 88 ans. Sa mort marque la fin d'une époque pour la France, celle des grands hommes de la Première Guerre mondiale. Il laisse derrière lui l'image d'un homme d'État au caractère bien trempé, un ardent défenseur de la République, intransigeant face à ses ennemis et dévoué corps et âme à la France. S'il a parfois été controversé, notamment pour sa répression des mouvements ouvriers, Clemenceau reste un symbole de la détermination et de la volonté de vaincre, une figure emblématique de l'histoire française qui a su mener la nation dans l'une des périodes les plus difficiles de son histoire.