21 novembre, un jour, une vie : Michel Suleiman
Michel Suleiman, né le 21 novembre 1948 à Amchit, au Liban, célèbre aujourd'hui son 76e anniversaire, en ce 21 novembre 2024. Ancien président du Liban, Michel Suleiman est un homme d'État qui a marqué l'histoire politique de son pays par son rôle de stabilisateur durant une période de grande instabilité. Avant d'accéder à la présidence, Suleiman a passé une grande partie de sa carrière au sein de l'armée libanaise, où il a gravi les échelons pour finalement devenir commandant en chef de l'armée en 1998, poste qu'il a occupé jusqu'à son accession à la présidence en 2008.
Michel Suleiman a été nommé à la tête de l'armée libanaise à un moment critique, alors que le pays était confronté à des tensions internes et à des menaces extérieures. Sous sa direction, l'armée a joué un rôle crucial dans le maintien de la sécurité et de l'ordre, tout en évitant de prendre parti dans les conflits politiques internes. Son leadership a été particulièrement remarqué lors des affrontements avec le groupe islamiste Fatah al-Islam en 2007, où l'armée libanaise a réussi à mettre fin à l'insurrection dans le camp de réfugiés de Nahr al-Bared, consolidant ainsi la popularité de Suleiman auprès des Libanais de toutes confessions.
Le mandat de Michel Suleiman comme président a commencé le 25 mai 2008, après une élection qui a mis fin à une longue période de vacance présidentielle, causée par des divisions politiques profondes entre les différentes factions libanaises. En tant que président, Suleiman a œuvré pour maintenir la paix et l'unité nationale dans un contexte de tensions sectaires exacerbées et de pressions régionales, notamment dues aux conflits voisins en Syrie et à l'influence grandissante de groupes comme le Hezbollah. Son approche a été centrée sur la neutralité politique, cherchant à équilibrer les intérêts des diverses communautés et à préserver la souveraineté du Liban face aux ingérences étrangères.
Parmi les accomplissements de Suleiman à la présidence, on retient notamment la déclaration de Baabda en 2012, qui visait à dissocier le Liban des conflits régionaux, en particulier la guerre en Syrie, et à éviter que le pays ne soit entraîné dans des affrontements extérieurs. Cette déclaration, bien que difficile à appliquer dans la pratique, était un signal fort de l'engagement de Suleiman pour la neutralité du Liban. Il a également cherché à renforcer l'état de droit et à réformer les institutions publiques, même si ses efforts ont été souvent contrecarrés par la complexité du système politique libanais, dominé par le clientélisme et les intérêts sectaires.
Pendant son mandat, Michel Suleiman a souvent appelé au dialogue national entre les différents partis politiques pour résoudre les crises internes, tout en essayant de renforcer la position de l'armée comme institution nationale centrale et neutre. Il a également tenté de promouvoir des politiques économiques pour stimuler la croissance dans un pays affecté par une dette publique élevée et un taux de chômage important, mais les résultats sont restés limités en raison des blocages politiques et de la corruption endémique.
Après la fin de son mandat présidentiel en 2014, Suleiman est resté actif sur la scène politique en tant que figure morale et en appelant régulièrement à l'unité et à la réforme. Son successeur n'étant pas immédiatement élu, le Liban s'est retrouvé sans président pendant deux années supplémentaires, reflétant les mêmes divisions politiques qu'il avait tenté de surmonter durant son mandat. Suleiman a également été critique envers le rôle croissant du Hezbollah en tant que force militaire indépendante au sein du pays, insistant sur la nécessité pour tous les groupes armés d'être sous l'autorité de l'État libanais.
Michel Suleiman est souvent perçu comme un président de transition, quelqu'un qui a géré une période instable sans grand éclat, mais avec une sincérité dans son effort de maintenir la cohésion nationale. Il n'a pas appartenu à une grande famille politique libanaise, ce qui a contribué à renforcer sa position de figure relativement neutre. Cependant, cette même neutralité l'a parfois laissé sans le soutien nécessaire pour mener à bien des réformes profondes. Les opinions sur son héritage sont mitigées : certains lui reconnaissent le mérite d'avoir préservé la paix relative au Liban pendant son mandat, tandis que d'autres lui reprochent de n'avoir pas été assez ferme face aux acteurs qui affaiblissaient l'État.
En ce 21 novembre 2024, Michel Suleiman célèbre son 76e anniversaire. Il reste une figure respectée pour son dévouement à l'unité du Liban et pour son rôle dans l'effort de maintenir l'indépendance de l'armée libanaise face aux influences politiques. Son parcours est emblématique des défis auxquels le Liban est confronté, un pays où la diversité communautaire est à la fois une richesse et une source de fragilité politique.
21 novembre, un jour, un décès : Garret Hobart
Garret Augustus Hobart est né le 3 juin 1844 à Long Branch, dans l'État du New Jersey, aux États-Unis. Il est décédé le 21 novembre 1899 à l'âge de 55 ans. Connu pour son rôle de 24e vice-président des États-Unis, il a servi aux côtés du président William McKinley de 1897 jusqu'à sa mort. Hobart fut un personnage clé de l'administration McKinley, étant l'un des vice-présidents les plus influents de l'histoire des États-Unis à cette époque, en raison de sa proximité avec le président et de son rôle actif dans la prise de décisions politiques.
Issu d'une famille modeste, Garret Hobart a grandi dans le New Jersey, où il a été élevé dans une ambiance qui valorisait l'éducation et le travail acharné. Diplômé du Collège Rutgers en 1863, Hobart a d'abord travaillé comme enseignant avant de se tourner vers le droit. Il a étudié le droit auprès de Socrates Tuttle, un avocat réputé de Paterson, New Jersey, qu'il finira par rejoindre comme partenaire. Hobart s'est ensuite taillé une réputation comme avocat d'affaires compétent, ce qui l'a amené à jouer un rôle éminent dans les cercles d'affaires et politiques du New Jersey.
Hobart a débuté sa carrière politique au sein de l'Assemblée législative du New Jersey, puis a été élu président du sénat de l'État. En tant que législateur, il s'est distingué par sa maîtrise des finances publiques et sa capacité à forger des compromis. Son rôle dans la gestion de la dette publique et dans les questions relatives aux chemins de fer a attiré l'attention des leaders du Parti républicain, ce qui a finalement conduit à sa nomination comme colistier de McKinley pour l'élection présidentielle de 1896.
L'élection de 1896 fut une campagne cruciale marquée par des tensions économiques et politiques, avec le Parti républicain soutenant une politique monétaire axée sur l'étalon-or, alors que les démocrates, menés par William Jennings Bryan, prônaient une politique d'inflation via l'argent-monnaie. Hobart fut étroitement impliqué dans la campagne, utilisant ses compétences en matière de finances et sa connaissance des milieux d'affaires pour aider McKinley à attirer le soutien des électeurs inquiétés par la stabilité économique du pays.
En tant que vice-président, Garret Hobart a joué un rôle actif, chose inhabituelle à l'époque où la vice-présidence était souvent considérée comme une fonction en grande partie cérémonielle. Hobart entretenait une relation étroite avec le président McKinley, qui lui permettait d'avoir un accès privilégié aux décisions de l'exécutif. Son influence se faisait sentir dans les affaires économiques, où il servait souvent de conseiller au président, et il était considéré comme un intermédiaire crucial entre l'administration et le milieu des affaires. Cette relation lui valut le surnom de "Vice-Président Assistant du Président", soulignant sa participation à la prise de décisions gouvernementales.
Hobart s'est investi également dans les affaires étrangères, notamment concernant l'implication croissante des États-Unis dans les affaires internationales. En effet, son mandat a coïncidé avec les prémices de la guerre hispano-américaine, et il a soutenu la politique expansionniste de l'administration McKinley. La maladie, cependant, a frappé Hobart en 1898, alors qu'il commençait à souffrir de problèmes cardiaques qui le forcèrent à se retirer progressivement de ses fonctions publiques.
Malgré sa santé déclinante, Hobart resta en contact avec les affaires de l'État aussi longtemps qu'il le put, continuant à conseiller McKinley jusqu'à ce que son état de santé ne lui permette plus de le faire. Il mourut le 21 novembre 1899, à l'âge de 55 ans, dans sa résidence de Paterson, New Jersey. Sa mort a laissé un vide à la Maison Blanche, et McKinley n'a jamais retrouvé un vice-président avec lequel il entretenait une telle proximité et une telle confiance. La relation entre McKinley et Hobart a souvent été citée comme un modèle de collaboration entre président et vice-président, préfigurant des relations similaires dans les administrations futures.
Garret Hobart est aujourd'hui parfois oublié par l'histoire, éclipsé par les événements qui suivirent sa mort, notamment l'assassinat de McKinley et l'accession de Theodore Roosevelt à la présidence. Pourtant, sa contribution au gouvernement McKinley, en particulier dans le domaine des affaires économiques et de la diplomatie, a joué un rôle important dans la stabilisation des États-Unis à la fin du 19e siècle. Il a été un vice-président différent, en avance sur son temps, redéfinissant en quelque sorte le rôle d'un second de l'exécutif, non seulement comme un conseiller de confiance, mais aussi comme un véritable partenaire dans le gouvernement du pays.