31 octobre, un jour, une vie : Reza Pahlavi
Reza Pahlavi est né le 31 octobre 1960 à Téhéran, en Iran. Il célébre aujourd'hui son 64e anniversaire. Fils aîné du dernier Shah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi, et de l'impératrice Farah Diba, il a été nommé officiellement prince héritier en 1967, à l'occasion du couronnement de son père. Reza Pahlavi a grandi dans le cadre opulent de la cour impériale iranienne, mais sa vie a radicalement changé lors de la Révolution islamique de 1979, événement qui a conduit à l'exil de la famille royale et à l'établissement de la République islamique.
En 1978, alors qu'il était âgé de 17 ans, Reza Pahlavi a quitté l'Iran pour suivre une formation de pilote de chasse au sein de l'US Air Force à la base de Reese, au Texas. Toutefois, l'instabilité croissante en Iran a conduit au départ précipité de la famille royale en janvier 1979, quelques mois avant la chute du régime monarchique. Reza Pahlavi n'a jamais pu retourner en Iran après l'établissement du régime islamiste. Durant ses premières années d'exil, il a poursuivi ses études et obtenu un diplôme en sciences politiques de l'université de Californie du Sud en 1985.
Pendant les quatre décennies suivantes, Reza Pahlavi s'est fait le porte-parole des valeurs de liberté, de démocratie et des droits humains pour les Iraniens. Il a adopté une approche non violente, appelant à un changement de régime par la désobéissance civile pacifique et plaidant pour l'organisation d'un référendum libre sur le futur de l'Iran. Reza Pahlavi a aussi voyagé autour du monde, rencontrant des dirigeants étrangers, des élus, des groupes d'intérêt, ainsi que des groupes d'étudiants pour discuter de la situation des droits humains en Iran et de l'oppression par le régime islamiste.
Malgré la distance avec son pays natal, Reza Pahlavi a toujours préservé des liens étroits avec la diaspora iranienne et les groupes d'opposition en exil. Il a été un critique fervent du régime islamique, appelant à une séparation nette entre l'État et la religion en Iran, et a plaidé en faveur d'une démocratie laïque et parlementaire. Il a souligné que la forme du futur gouvernement — monarchie constitutionnelle ou république — devrait être décidée par le peuple iranien lui-même, à travers un processus démocratique et libre.
En 1980, à l'âge de 20 ans, Reza Pahlavi s'est proclamé "Reza Shah II" lors d'une cérémonie symbolique au Caire, à l'occasion de son anniversaire, devenant ainsi le successeur officiel de son père au trône iranien. Toutefois, cette proclamation n'a pas reçu de reconnaissance officielle et Reza Pahlavi s'est plutôt illustré dans son rôle de figure de proue de l'opposition monarchiste et démocratique. Au fil des années, il a répété qu'il était prêt à servir son pays dans n'importe quel rôle que le peuple iranien déciderait.
Dans ses déclarations publiques, Reza Pahlavi a toujours souligné la nécessité d'une réforme non violente et a exhorté les membres des forces armées iraniennes qui s'opposent au régime à se joindre à des efforts de résistance pacifique. En 2022, lors des manifestations antigouvernementales qui ont secoué l'Iran, Reza Pahlavi a encouragé les manifestants et s'est exprimé en leur faveur, prédisant que le régime islamique finirait par s'effondrer sous le poids de sa mauvaise gestion et de l'oppression croissante. En 2024, il continue de participer à des événements internationaux pour promouvoir une Iran démocratique et libre, notamment lors de la conférence National Conservatism à Washington, où il a prononcé un discours appelant à la fin du califat islamique et à un retour à un État national en Iran.
Reza Pahlavi est une figure emblématique de l'opposition iranienne, représentant à la fois l'héritage de la monarchie pahlavie et une vision moderne pour l'avenir de l'Iran. En dépit de l'exil, il a su maintenir sa réputation de patriote, tout en étant un fervent défenseur des droits humains et de la démocratie. Sa lutte pour un Iran libre demeure au centre de ses actions, tant dans la sphère publique que politique, et il est prêt à jouer un rôle quel qu'il soit pour aider son pays à sortir de l'autorité du régime islamiste et se diriger vers un avenir démocratique.
31 octobre, un jour, un décès : Indira Gandhi
Indira Priyadarshini Gandhi, née le 19 novembre 1917 à Allahabad, en Inde, est décédée le 31 octobre 1984 à New Delhi à l'âge de 66 ans. Seule fille de Jawaharlal Nehru, le premier Premier ministre de l'Inde indépendante, elle a été une figure centrale de la politique indienne en tant que chef du Parti du Congrès national indien et première femme Premier ministre de l'Inde, fonction qu'elle a exercée de 1966 à 1977, puis de nouveau de 1980 jusqu'à son assassinat en 1984. Son influence a fait d'elle l'un des leaders les plus emblématiques de l'histoire politique de l'Inde, souvent surnommée "la Dame de fer" pour sa poigne ferme.
Indira Gandhi était destinée à la politique dès sa naissance, grandissant dans l'ombre de son père, un leader majeur du mouvement d'indépendance indien. Elle étudia en Suisse avant de poursuivre ses études supérieures en histoire au Collège Somerville à Oxford, en Angleterre. En 1942, elle épousa Feroze Gandhi, un avocat d'origine parsi qui n'avait aucun lien avec Mahatma Gandhi. Le couple eut deux fils, Sanjay et Rajiv. Peu après l'indépendance de l'Inde en 1947, Nehru devint Premier ministre et Indira le rejoignit à Delhi, où elle était une figure essentielle de la diplomatie indienne, accueillant des dignitaires et accompagnant son père lors de tournées à l'étranger.
Elle fut élue présidente du Parti du Congrès en 1959, et après la mort de Nehru en 1964, elle entra au gouvernement en tant que ministre de l'Information et de la Radiodiffusion sous le Premier ministre Lal Bahadur Shastri. La mort subite de Shastri en 1966 ouvrit la voie à la nomination d'Indira Gandhi au poste de Premier ministre, succédant ainsi à Shastri à la tête du Parti du Congrès. Elle réussit à rallier le parti derrière elle et remporta les élections générales de 1967, consolidant ainsi son pouvoir.
Indira Gandhi s'illustra par ses politiques économiques et sociales audacieuses, telles que la Révolution verte qui améliora la production agricole, faisant de l'Inde un pays autosuffisant en matière de production de céréales. En 1971, elle apporta son soutien au mouvement d'indépendance du Bangladesh, et l'Inde sortit victorieuse de la guerre contre le Pakistan, contribuant ainsi à la création de la nouvelle nation du Bangladesh. Cette victoire renforça sa popularité et son prestige tant en Inde qu'à l'étranger.
Malgré ces succès, son mandat fut entaché par des controverses, notamment lorsqu'elle décréta l'État d'urgence en juin 1975 après que la Haute Cour d'Allahabad l'eut déclaré coupable de fraude électorale, invalidant ainsi sa réélection de 1971. L'État d'urgence, qui dura jusqu'en 1977, fut marqué par la suspension des libertés civiles, la censure de la presse et l'incarcération de ses opposants politiques sans procès. Cette période est souvent qualifiée de "Règne de la terreur", avec plus de 100 000 opposants emprisonnés et des mesures impopulaires comme les campagnes de stérilisation forcée pour contrôler la croissance démographique.
L'issue de l'État d'urgence fut désastreuse pour Indira Gandhi et son parti, qui perdirent les élections de 1977 au profit de la coalition du Janata Party. Pour la première fois, elle fut elle-même écartée de son siège parlementaire. Pourtant, son retour au pouvoir en 1980 marqua un renouveau pour le Parti du Congrès, en partie grâce à l'incapacité du gouvernement Janata à gérer la crise économique et sociale. Son quatrième mandat fut cependant marqué par des tensions croissantes, notamment avec la montée du séparatisme sikh au Pendjab.
En 1984, Indira Gandhi ordonna l'opération Blue Star, une intervention militaire visant à expulser des militants sikhs du Temple d'Or à Amritsar. Cette opération, qui causa la mort de centaines de personnes, fut perçue comme une profanation de ce lieu saint par la communauté sikh et suscita une profonde rancœur. Le 31 octobre 1984, Indira Gandhi fut assassinée par deux de ses gardes du corps sikhs en représailles à cette opération. Sa mort provoqua une vague de violence à travers le pays, et des émeutes anti-sikhes éclatèrent, coûtant la vie à des milliers de personnes.
Indira Gandhi laisse derrière elle un héritage controversé : d'un côté, elle est louée pour son rôle dans la modernisation de l'Inde et la défense de son indépendance nationale ; de l'autre, elle est critiquée pour ses dérives autoritaires, notamment lors de l'État d'urgence. Son fils Rajiv Gandhi lui succéda, marquant la continuité d'une dynastie politique qui joua un rôle majeur dans l'histoire de l'Inde moderne.