Cette interview, reconstituée par une IA (Intelligence Artificielle), n'a jamais eu lieu. Elle imagine les réponses du Prince Albert II de Monaco sur la France et l'Union Européenne sur la base de ses positions et déclarations réelles sur ces sujets afin de vous plonger au cœur de ses idées. C'est une presque interview.
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Ce matin, EPOC a l'honneur de recevoir Son Altesse Sérénissime le Prince Albert II de Monaco. Représentant d'un État connu pour sa diplomatie subtile et son engagement pour des causes planétaires, Albert II est une voix influente sur des thématiques allant de l'écologie à la géopolitique. Successeur de Rainier III depuis 2005, il a su donner à la Principauté un rôle significatif sur la scène internationale, tout en réaffirmant son engagement profond envers le développement durable et la coopération européenne.
Aujourd'hui, nous avons souhaité entendre son point de vue sur des enjeux essentiels qui traversent l'Union Européenne et sa relation avec la France, partenaire prépondérant de Monaco. Le Prince se livre avec franchise sur les dynamiques qui, dans un contexte européen en perpétuel mouvement, ont un impact direct sur la Principauté. Comment Monaco s'adapte-t-il aux fluctuations de la politique communautaire ? Quelles relations particulières entretient la Principauté avec la France dans ce cadre complexe et interconnecté ? Autant de questions que nous aborderons avec lui aujourd'hui, dans une discussion où diplomatie et lucidité seront de mise.
La relation avec la France est essentielle pour notre prospérité commune
EPOC : Prince Albert, pouvez-vous nous expliquer pourquoi la relation entre Monaco et la France est si essentielle pour la Principauté ?
Prince Albert II : La France est un partenaire historique et incontournable pour Monaco. Nos relations remontent à des siècles, et elles ont été formalisées en 1918 avec le Traité Franco-Monégasque, puis mises à jour en 2005. Pour nous, cette proximité dépasse les aspects institutionnels : la France est notre garant en matière de défense, et nous partageons des domaines aussi cruciaux que la fiscalité, la sécurité et même la culture. Par exemple, c'est grâce à notre lien avec la France que nous avons accès à l'euro, ce qui est fondamental pour la stabilité de notre économie. Cette coopération, bâtie sur une base de confiance mutuelle, a permis à la Principauté de se développer et de rayonner bien au-delà de nos frontières.
Il est également important de souligner l'héritage culturel commun qui unit Monaco et la France. Depuis des générations, les familles monégasques et françaises ont tissé des liens, que ce soit par des échanges culturels, des mariages ou des initiatives communes. Cette relation nous offre une base de stabilité et de sécurité sans précédent, tout en garantissant notre indépendance et notre souveraineté. La France est un grand pays, et pour Monaco, avoir un tel voisin et allié est une chance inestimable. Les aspects pratiques de cette relation sont également significatifs : par exemple, la France garantit la défense de la Principauté, ce qui nous permet de consacrer nos ressources à des projets de développement durable, culturel et économique, tout en restant protégés. Cela illustre bien la nature symbiotique de nos rapports.
EPOC : Monaco est souvent vu comme un acteur environnemental de premier plan. Comment la coopération avec la France s'inscrit-elle dans vos initiatives environnementales ?
Prince Albert II : La France est un allié essentiel dans notre lutte pour la préservation de l'environnement. Nous partageons une vision commune et des initiatives concrètes, comme le projet Mareterra, qui est un bel exemple de développement durable respectant l'environnement. Ce projet est une illustration parfaite de ce que la collaboration entre Monaco et la France peut produire de mieux : une synergie qui permet de bâtir des infrastructures modernes tout en respectant notre écosystème fragile. Cela est d'autant plus crucial lorsque l'on considère notre position géographique, au bord de la Méditerranée, une région particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique.
Mon engagement pour la préservation des océans et de la biodiversité est bien connu, et la France a été un soutien indéfectible dans cette cause. Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs fronts, notamment dans le cadre de l'initiative « Beyond Plastic Med », qui vise à réduire la pollution plastique en Méditerranée. La France apporte son expertise scientifique et sa capacité logistique, tandis que Monaco joue un rôle de catalyseur pour attirer des partenaires internationaux. Nous avons aussi collaboré lors de conférences internationales, telles que les Sommets sur le climat, où la France et Monaco parlent souvent d'une seule voix pour défendre la préservation de notre planète. Nous avons une volonté commune de faire bouger les choses au niveau international, car il est crucial de mobiliser le plus grand nombre dans cette lutte contre le changement climatique. Nous voulons être exemplaires et inspirer d'autres nations à agir avec détermination.
EPOC : Vous avez récemment visité plusieurs villes françaises, comme Mulhouse et Belfort, pour souligner les liens historiques entre Monaco et certaines régions de France. Pourquoi ces visites sont-elles importantes pour vous ?
Prince Albert II : Ces visites ont une valeur symbolique forte. Mulhouse, Belfort, et d'autres villes ont des liens historiques avec la famille Grimaldi et la Principauté. Ce sont des histoires souvent méconnues, mais qui ont une importance capitale pour comprendre nos relations actuelles. En tant que prince, je me dois de préserver ces liens, de les mettre en avant et de les faire vivre, car ils sont la preuve de l'amitié durable entre Monaco et la France. C’est aussi une façon de montrer que Monaco ne se limite pas à son territoire, mais s'inscrit dans une histoire commune avec la France, où nos deux peuples ont partagé des moments clés de l'Histoire.
À Mulhouse, par exemple, j’ai été accueilli avec une grande chaleur et j’ai pu constater l’attachement des habitants à l’histoire de la famille Grimaldi. Ces liens culturels se traduisent aussi par notre participation régulière à des événements en France, que ce soit dans le domaine artistique, sportif ou caritatif. En tant que petit État, nous avons cette opportunité de participer activement à la vie régionale française et de contribuer à des projets conjoints. Cela renforce l’amitié entre nos deux nations et donne une dimension humaine à nos relations diplomatiques. Le lien culturel est essentiel, et cela se traduit aussi par notre soutien à des initiatives culturelles et sportives, comme les Jeux Olympiques qui auront lieu à Paris. La coopération culturelle permet de dépasser les frontières administratives et de montrer que nous partageons des valeurs et une vision commune du vivre-ensemble.
EPOC : Parlons un peu de l'économie. Monaco dépend beaucoup de la France pour le commerce et l'emploi. Comment envisagez-vous l'avenir de cette coopération économique ?
Prince Albert II : Il est vrai que nos économies sont intimement liées, et cela n'a rien de nouveau. La France est notre principal partenaire commercial, et chaque jour, environ 50 000 travailleurs viennent de France pour travailler à Monaco. Cela témoigne de l’interdépendance de nos pays. Ces travailleurs, qu'ils soient des cadres, des techniciens ou des ouvriers, constituent une partie essentielle de la réussite de notre économie. Ils sont le reflet de cette relation fructueuse qui existe entre Monaco et la France, basée sur le respect et la complémentarité.
Monaco n’a pas de ressources naturelles significatives, et nous devons donc trouver d'autres moyens pour assurer notre prospérité. Notre réussite repose en grande partie sur les compétences des travailleurs français et sur l'ouverture de nos marchés. En retour, Monaco contribue à l'économie française, que ce soit par les salaires versés, les taxes prélevées, ou encore par les nombreuses collaborations entre entreprises monégasques et françaises. L'avenir de cette coopération économique est prometteur. Nous travaillons activement à faciliter la mobilité professionnelle et à améliorer les infrastructures de transport pour que les déplacements entre la France et Monaco soient plus fluides.
L'un de mes objectifs est de faciliter davantage l'accès à l'emploi et au logement, même si cela reste un défi logistique de taille, vu la superficie limitée de notre territoire. Il y a des projets en cours, comme le développement de nouvelles zones résidentielles, qui permettront de répondre à une partie de cette demande. En travaillant main dans la main avec la France, je suis convaincu que nous pourrons créer des conditions favorables à une coopération encore plus étroite et bénéfique pour nos deux nations. C'est en œuvrant ensemble que nous pourrons relever les défis économiques de demain, qu'il s'agisse de la diversification économique, de la transition énergétique ou encore du développement durable.
EPOC : Prince Albert, pouvez-vous nous parler de votre relation avec le président Emmanuel Macron ?
Prince Albert II : Ma relation avec Emmanuel Macron va bien au-delà des échanges diplomatiques habituels entre deux chefs d'État. Nous avons une amitié sincère, fondée sur une vision partagée de nombreux enjeux, que ce soit en matière de développement durable, de coopération culturelle ou de stabilité régionale. Emmanuel Macron a toujours fait preuve de bienveillance à l'égard de Monaco et m'a montré un soutien indéfectible, même dans les moments les plus délicats.
Notre relation repose d'abord sur une véritable connexion humaine. Dès nos premières rencontres, il était évident que nous partagions une certaine proximité, non seulement dans nos approches politiques, mais également dans notre manière de concevoir les responsabilités qui nous incombent en tant que chefs d'État. Emmanuel Macron a souvent mis en avant l'importance de l'écoute et du dialogue, et cela se reflète dans la façon dont il s'investit dans notre relation bilatérale. Nous avons eu de nombreuses discussions sur des sujets variés, allant de la politique internationale aux défis économiques en passant par des sujets plus personnels. Ces échanges m'ont permis de mieux comprendre ses intentions et de voir en lui un véritable partenaire qui se soucie réellement de Monaco. C'est une relation humaine avant tout, qui s'appuie sur le respect mutuel et la volonté de renforcer les liens entre Monaco et la France.
EPOC : Comment ce soutien s'est-il manifesté, notamment lors des moments difficiles pour Monaco ?
Prince Albert II : Emmanuel Macron m'a montré un soutien précieux, en particulier lors de l'affaire judiciaire qui a impliqué Claude Palmero, l'ancien administrateur des biens du Palais. C'était une période compliquée, tant sur le plan personnel que pour l'image de la Principauté. Le président Macron a su m'apporter son soutien, et cela a vraiment compté pour moi.
Lorsque l'on traverse des périodes de crise, savoir que l'on peut compter sur des alliés comme lui est essentiel. Son soutien n'était pas seulement une question de paroles, mais également d'actes concrets. Il a pris le temps de m'appeler personnellement, de m'assurer que la France restait aux côtés de Monaco, et il a également veillé à ce que nos discussions restent privées et confidentielles, permettant une vraie confiance entre nous. Cela m'a permis de rester serein et confiant dans nos actions, et cela témoigne de la solidité de nos relations.
Emmanuel Macron a compris que ce genre de situation pouvait ébranler non seulement ma personne, mais aussi la stabilité de Monaco, et son soutien a été décisif. Il a été présent non seulement en tant que président, mais aussi en tant qu'ami. Ce soutien m'a permis de me concentrer sur la gestion des affaires de la Principauté, sans avoir à m'inquiéter constamment de l'impact que cette crise pourrait avoir sur nos relations internationales. Son attitude a renforcé l'idée que la France est non seulement notre allié, mais aussi notre ami le plus proche.
EPOC : Vous partagez également des initiatives communes, notamment en matière d'environnement. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Prince Albert II : Absolument. L'environnement est un sujet qui nous tient tous les deux à cœur. Emmanuel Macron a été l'un des premiers dirigeants européens à soutenir mon engagement pour la préservation des océans et la lutte contre le changement climatique. Nous avons eu l'occasion de travailler ensemble lors de sommets internationaux, comme les conférences sur le climat, et de lancer des initiatives concrètes, comme la réduction de la pollution plastique en Méditerranée.
La France est un partenaire indispensable pour Monaco dans ce domaine, et Emmanuel Macron a toujours été un allié de premier plan pour amplifier la portée de nos projets. Sa capacité à mobiliser la communauté internationale est une force dont nous bénéficions. Par exemple, lors de la conférence One Planet Summit, organisée par la France, il a mis en avant les efforts de Monaco en matière de protection marine, ce qui a permis de donner plus de visibilité à nos actions. Ensemble, nous avons aussi lancé des projets de préservation des récifs coralliens, qui sont essentiels à la biodiversité marine. Emmanuel Macron comprend que la protection de l'environnement ne peut se faire qu'à travers une action concertée et il a toujours été prêt à nous aider à diffuser nos messages sur la scène internationale.
Au-delà des sommets et des accords, nous avons aussi collaboré sur des initiatives locales. Le projet Mareterra, par exemple, est une illustration de ce que nos deux nations peuvent accomplir ensemble en matière d'urbanisme durable. Emmanuel Macron a soutenu nos efforts pour faire de ce projet une référence en matière de respect de l'environnement, avec des technologies vertes et une intégration parfaite dans le milieu naturel. Nous partageons une vision commune de la transition écologique, et il est extrêmement rassurant de savoir que la France soutient pleinement nos efforts. C'est dans cette dynamique que nous parvenons à faire avancer nos objectifs environnementaux, avec la conviction que chaque geste compte et que notre engagement doit être exemplaire pour inspirer d'autres nations.
EPOC : Sur le plan culturel et économique, comment décririez-vous la coopération entre Monaco et la France, avec l'appui du président Macron ?
Prince Albert II : La coopération culturelle et économique entre Monaco et la France a toujours été très étroite, mais avec Emmanuel Macron, nous avons franchi un cap supplémentaire. Il comprend l'importance de maintenir un lien fort entre nos deux nations, et il a su encourager les initiatives visant à faciliter l'emploi et la mobilité entre la France et Monaco.
Par exemple, de nombreux travailleurs français se rendent quotidiennement à Monaco, et nous avons travaillé ensemble pour améliorer les infrastructures de transport et simplifier les procédures administratives. Grâce à l'appui de Macron, nous avons pu établir un dialogue constant avec les autorités françaises pour fluidifier la circulation aux frontières, ce qui est vital pour les milliers de personnes qui font la navette entre les deux territoires. Cela a permis de renforcer l'attractivité de la Principauté et de garantir un cadre de travail agréable et équitable pour les travailleurs frontaliers.
Sur le plan culturel, nous partageons une même volonté de promouvoir des projets qui mettent en avant nos deux pays. Emmanuel Macron a toujours soutenu la présence de Monaco lors d'événements importants organisés en France, comme les Jeux Olympiques de Paris. Cette collaboration est le reflet d'une volonté commune de faire rayonner nos cultures et d'assurer la prospérité de nos économies. Nous avons également lancé des programmes culturels conjoints, tels que des expositions et des festivals, afin de célébrer notre patrimoine commun et de renforcer les liens entre nos populations. Emmanuel Macron a notamment été un soutien de taille lors de la création du Centre Culturel Franco-Monégasque, qui symbolise notre attachement partagé à l'art, à l'histoire et à l'éducation.
Sur le plan économique, nos discussions régulières ont également porté sur des sujets tels que la transition énergétique et la diversification de l'économie monégasque. Le président Macron a toujours été ouvert à encourager des partenariats entre entreprises françaises et monégasques, facilitant ainsi l'accès aux marchés et aux innovations. Il est particulièrement attentif aux enjeux liés aux nouvelles technologies et à l'entrepreneuriat, et il a su insuffler une dynamique de modernisation qui bénéficie à nos deux pays. Cette volonté de s'appuyer sur l'innovation est essentielle pour préparer l'avenir de nos économies, et je suis convaincu que cette coopération portera ses fruits sur le long terme.
EPOC : Pour conclure, que représente Emmanuel Macron pour Monaco et pour vous personnellement ?
Prince Albert II : Emmanuel Macron est bien plus qu'un président pour Monaco. C'est un partenaire, un allié et, surtout, un ami. Il a toujours fait preuve d'écoute, de compréhension et d'une réelle envie de coopérer pour le bien de nos deux pays.
Sur un plan personnel, je me sens privilégié d'avoir un interlocuteur comme lui, avec qui je peux échanger ouvertement sur des sujets variés, qu'ils soient d'ordre politique, économique ou simplement humain. C'est quelqu'un qui a une grande ouverture d'esprit, qui est capable d'écouter et de prendre en compte les spécificités de la Principauté. Cela n'est pas toujours facile pour un chef d'État d'un pays aussi grand que la France de comprendre les réalités d'un micro-État comme Monaco, mais Emmanuel Macron fait cet effort, et cela est particulièrement précieux pour moi.
Cette relation est précieuse car elle va au-delà des enjeux diplomatiques : c'est une relation faite de respect, de soutien mutuel et d'une véritable amitié. Il est rare, dans le monde politique, de pouvoir tisser des liens aussi personnels, et je pense que cela est dû à sa personnalité et à sa vision de la politique, qui met en avant l'humain avant tout. C'est cette dimension humaine qui rend notre relation unique et qui fait que, pour moi, Emmanuel Macron est non seulement un allié politique, mais aussi un véritable ami sur lequel je peux compter.
EPOC : Prince Albert, pouvez-vous nous parler de la relation entre Monaco et l'Union européenne, et de votre vision sur ces négociations complexes ?
Prince Albert II : Les relations de Monaco avec l'Union européenne sont effectivement complexes, et cela s'explique par la singularité de notre Principauté. Nous avons entamé des négociations avec l'Union européenne en 2015 pour établir un accord d'association qui permettrait à Monaco de mieux s'intégrer économiquement tout en préservant notre indépendance et nos spécificités. Ces discussions ont donné lieu à des avancées notables, notamment sur la libre circulation des biens, avec un accord en 2018 permettant aux produits monégasques de circuler librement au sein de l'UE. Cependant, des aspects essentiels comme la libre circulation des services, des capitaux, et surtout des personnes, restent très sensibles pour nous.
Le principal point de désaccord réside dans notre volonté de préserver notre modèle de "priorité nationale", qui est au cœur de notre identité. Cette politique permet de donner la priorité aux citoyens monégasques pour l'emploi et le logement, et c'est un pilier fondamental de notre société. Toute tentative d'alignement sur les normes européennes mettrait en danger cette politique et affaiblirait la protection que nous souhaitons offrir à nos résidents. C'est un sujet qui est extrêmement important pour moi, car il touche directement à la cohésion sociale et au bien-être de notre population. Je suis convaincu que la préservation de notre modèle est non négociable, et c'est pourquoi les négociations avec l'Union européenne ont connu des moments de blocage.
EPOC : Les négociations ont été suspendues récemment. Pouvez-vous expliquer pourquoi cette décision a été prise et quelle est votre position sur l'avenir de ces discussions ?
Prince Albert II : Oui, en septembre 2023, les discussions ont été suspendues. Cette décision n'a pas été prise à la légère. Elle est survenue après des mois de négociations durant lesquels il est devenu clair qu'aucun compromis ne pouvait être trouvé sans compromettre les principes non négociables de Monaco. Notre priorité est de garantir la stabilité de la Principauté et de préserver notre souveraineté, et si cela implique de suspendre les négociations, alors c'est un choix que nous devons faire. Comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, « si nous ne sommes pas satisfaits du document final, il n'y aura pas d'accord ». Cette position est le reflet de notre détermination à ne pas céder sur des points qui touchent à notre identité même.
Cependant, je tiens à préciser que la suspension des négociations ne signifie pas la fin du dialogue avec l'Union européenne. Nous restons engagés dans un dialogue constructif et sommes ouverts à explorer d'autres formes de coopération. Maroš Šef?ovi?, vice-président de la Commission européenne, m'a assuré que la porte restait ouverte pour discuter de collaborations spécifiques dans le futur, et c'est une chose que nous prenons en considération. Monaco n'a jamais cherché à s'isoler ; au contraire, nous souhaitons trouver des voies pour coopérer tout en respectant nos spécificités.
EPOC : Comment voyez-vous le futur des relations entre Monaco et l'Union européenne, notamment sur les questions économiques et de souveraineté ?
Prince Albert II : Pour l'avenir, je reste optimiste quant aux possibilités de coopération avec l'Union européenne, mais je pense qu'il est essentiel de trouver un équilibre qui nous permette de bénéficier des opportunités offertes par une relation plus étroite avec l'UE sans pour autant compromettre notre souveraineté. Monaco a toujours eu une relation particulière avec l'Europe, notamment à travers notre proximité avec la France, et nous sommes un partenaire fiable et actif sur la scène internationale. Nous avons d'ailleurs toujours soutenu les initiatives de l'Union en matière de politique étrangère, y compris la mise en œuvre de sanctions ou la lutte contre le blanchiment d'argent.
Nous continuerons à explorer des partenariats bilatéraux et à œuvrer pour que nos entreprises puissent accéder aux marchés européens dans de bonnes conditions. Mais cette intégration doit respecter nos spécificités. Par exemple, notre modèle de priorité nationale, qui favorise les Monégasques sur le marché du travail et en matière de logement, est indispensable pour maintenir la qualité de vie de nos résidents. C'est un modèle qui a prouvé son efficacité et que nous ne sommes pas prêts à abandonner.
L'enjeu est de taille : il s'agit de concilier une ouverture économique nécessaire à notre développement avec la préservation de notre modèle social unique. Le défi est aussi de veiller à ce que la population monégasque soit protégée face aux éventuelles pressions extérieures, notamment celles qui pourraient découler d'une ouverture trop rapide et non encadrée. Nous devons rester vigilants et prudents, tout en restant ouverts à des solutions innovantes qui garantiraient à la fois notre prospérité et notre indépendance.
EPOC : Prince Albert, pouvez-vous nous en dire plus sur les passions personnelles qui vous animent, notamment votre engagement pour le sport et l'environnement ?
Prince Albert II : Le sport a toujours été une partie essentielle de ma vie. J'ai pratiqué de nombreux sports, du bobsleigh au tennis, et j'ai eu la chance de représenter Monaco aux Jeux Olympiques d'hiver. Ces expériences sportives m'ont appris l'importance de la discipline, de la résilience, et du travail d'équipe, des valeurs qui sont essentielles non seulement dans le sport, mais aussi dans la vie quotidienne et dans l'exercice de mes fonctions de chef d'État. Le sport m'a également permis de rencontrer des personnes d'horizons très divers, de découvrir des cultures, et de mieux comprendre les enjeux mondiaux, que ce soit sur le plan de la santé, de l'inclusion ou de la coopération internationale. C'est un moyen formidable de rassembler les peuples et de dépasser les différences. En tant que prince, je m'efforce de promouvoir le sport pour tous, en particulier chez les jeunes, car je crois fermement que le sport peut offrir des opportunités extraordinaires et transformer des vies.
En parallèle, ma passion pour l'environnement est née de mes nombreux voyages et de mon amour pour la mer et la nature. Depuis mon plus jeune âge, j'ai été fasciné par les océans, par la vie qui s'y trouve, et par les paysages magnifiques que notre planète a à offrir. C'est ce qui m'a poussé à créer la Fondation Prince Albert II de Monaco en 2006, qui se consacre à la protection de l'environnement, en particulier à la préservation des océans, à la lutte contre le changement climatique, et à la promotion de la biodiversité. Pour moi, protéger notre planète est un devoir moral. Il s'agit non seulement de préserver les beautés naturelles que nous avons la chance de connaître, mais aussi de garantir un avenir vivable aux générations futures. Mon engagement environnemental se traduit également par la participation à de nombreux sommets internationaux et par la collaboration avec d'autres leaders mondiaux afin de faire avancer les politiques de protection environnementale. J'ai toujours été convaincu que chaque pays, qu'il soit grand ou petit, a un rôle crucial à jouer dans cette lutte collective.
EPOC : Votre rôle public est exigeant. Comment conciliez-vous votre vie de famille avec vos responsabilités de chef d'État ?
Prince Albert II : C'est un équilibre délicat, mais essentiel. Ma famille est mon pilier, et j'essaie de consacrer autant de temps que possible à ma femme Charlene et à nos enfants. Le temps passé en famille est extrêmement précieux pour moi, car il me permet de retrouver un certain apaisement, loin de la pression constante des responsabilités d'État. Nous aimons partager des moments simples ensemble, loin du protocole et des responsabilités officielles, que ce soit lors de promenades en nature, de voyages pour découvrir d'autres cultures, ou simplement à la maison autour d'activités ordinaires. Ces moments de qualité sont pour moi une source d'énergie et de motivation, car ils me rappellent pourquoi je m'engage au quotidien.
Bien entendu, mes responsabilités me prennent beaucoup de temps, mais je crois fermement que l'un des aspects les plus importants de mon rôle est d'être un modèle non seulement en tant que leader, mais aussi en tant que père et mari. Cela signifie être présent, être à l'écoute, et enseigner à mes enfants des valeurs telles que le respect, l'engagement, la solidarité, et l'amour de la nature. Je veux qu'ils comprennent l'importance de l'engagement public, de se battre pour des causes justes, tout en restant fidèles à eux-mêmes. Charlene et moi partageons ces valeurs, et nous essayons de les transmettre à nos enfants, afin qu'ils deviennent des citoyens du monde responsables et conscients des enjeux environnementaux et sociaux auxquels nous faisons face. Je crois que la famille est une force qui nous aide à rester connectés à l'essentiel, et je veux que mes enfants grandissent avec cette conviction que le bonheur se trouve dans les choses simples, mais aussi dans la capacité à protéger et à prendre soin de ce qui est vraiment important, comme la famille, la communauté et la nature.
EPOC : Votre Altesse, nous vous remercions d'avoir bien voulu partager avec nous votre regard. Bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés et que cela soit peu probable à l'avenir, nous sommes ravis d'avoir eu l'opportunité de vous entendre aujourd'hui, même sans pouvoir véritablement échanger avec vous