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23 octobre, un jour, une vie, un décès

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23 octobre, un jour, une vie : Fatmir Sejdiu

Fatmir Sejdiu est né le 23 octobre 1951 à Pakashticë, un petit village situé près de Podujevo, dans l'ex-République fédérative socialiste de Yougoslavie (aujourd'hui le Kosovo). Il fête aujourd'hui ses 73 ans. Issu d'une famille modeste, il est le premier enfant de Nexhmi Sejdiu et Miradije Shala-Sejdiu. Fatmir a suivi sa scolarité primaire et secondaire à Podujevo avant d'entrer à l'Université de Pristina, où il a obtenu son diplôme de droit en 1974. Il a ensuite poursuivi des études supérieures à l'étranger, notamment en France à l'Université Panthéon-Assas et aux États-Unis à l'Université d'Arizona, se spécialisant dans l'histoire du droit, la philosophie et l'économie.

En tant qu'universitaire, Sejdiu a enseigné le droit à l'Université de Pristina dès 1975, et il a également été actif au sein du corps professoral des sciences politiques. Il a publié de nombreux travaux dans les domaines du droit, de l'histoire et des études constitutionnelles. En plus de l'albanais, il parle couramment l'anglais, le français, le serbe et le macédonien. Son engagement politique a commencé très tôt, notamment lorsqu'il a participé à des manifestations contre le régime autoritaire de la Yougoslavie. Sejdiu était membre de la Commission centrale pour le référendum d'indépendance du Kosovo en 1991, une première étape importante vers l'indépendance officielle.

Fatmir Sejdiu était un membre influent de la Ligue Démocratique du Kosovo (LDK), parti dirigé par Ibrahim Rugova, un écrivain nationaliste et l'un des fondateurs de la République autoproclamée du Kosovo en 1992. Durant les années 1990, Sejdiu a joué un rôle actif au sein de l'Assemblée du Kosovo, servant en tant que Secrétaire général et président de la Commission constitutionnelle. Il a été l'un des principaux auteurs du cadre constitutionnel du Kosovo en 2001, ouvrant la voie à l'autonomie du pays.

Le 10 février 2006, après la mort d'Ibrahim Rugova, Fatmir Sejdiu fut élu président de la République du Kosovo par l'Assemblée du Kosovo avec une large majorité. Pendant son mandat présidentiel, il a dirigé les négociations pour le statut final du Kosovo à Vienne, supervisant avec succès le processus qui a conduit à la déclaration d'indépendance du Kosovo le 17 février 2008. Sejdiu fut le premier à signer la déclaration d'indépendance, devenant ainsi un symbole de la souveraineté du Kosovo. Il fut largement applaudis par la communauté internationale pour avoir promu des standards de bonne gouvernance et de multi-éthnicité, des éléments essentiels pour la stabilité et la reconnaissance du Kosovo.

Cependant, son mandat ne fut pas sans controverses. En 2010, le tribunal constitutionnel du Kosovo a déclaré que Sejdiu violait la constitution en cumulant les fonctions de président du Kosovo et de chef du LDK. En conséquence, il a dû démissionner de son poste présidentiel le 27 septembre 2010, marquant la fin de son règne en tant que président de la République du Kosovo. Peu après, en novembre 2010, il perdit les élections à la présidence du LDK face à Isa Mustafa.

En tant que figure politique, Fatmir Sejdiu a reçu plusieurs distinctions pour ses efforts en faveur de la paix et de la démocratisation. Il a été honoré du titre de Docteur Honoris Causa par l'Université de Tirana et l'Université de Sakarya en Turquie. Il a également été décoré de l'Ordre de Skanderbeg par le président de la République d'Albanie. En tant que premier président du Kosovo indépendant, il a laissé une empreinte durable sur la construction institutionnelle et la reconnaissance internationale du pays.

Aujourd'hui, Fatmir Sejdiu reste une figure importante de la politique kosovare, bien qu'il ait pris ses distances avec la vie politique active. Il est admiré pour son rôle central dans la lutte pour l'indépendance et pour son engagement envers les valeurs de justice et d'équité. En 2024, alors qu'il célèbrera son 73e anniversaire, son héritage politique continue d'influencer la vie du Kosovo.

 

22 octobre, un jour, un décès : Edward George Geoffrey Smith-Stanley

Edward George Geoffrey Smith-Stanley, 14ème comte de Derby, est né le 29 mars 1799 à Knowsley Hall, dans le Lancashire, en Angleterre. Il est décédé le 23 octobre 1869 à l'âge de 70 ans. Issu d'une famille influente, il était le fils de Charlotte Margaret Hornby et d'Edward Smith-Stanley, 13ème comte de Derby. Il a reçu une éducation privilégiée à Eton et à Christ Church, Oxford, avant de suivre la voie politique, influencé par les valeurs aristocratiques de sa famille. En 1820, il entra au Parlement en tant que membre du parti Whig, avant de rejoindre les conservateurs plus tard dans sa carrière.

Stanley a connu une longue carrière politique marquée par sa capacité à naviguer entre les différentes factions de l'époque victorienne. En 1830, il devint Secrétaire en chef pour l'Irlande sous le gouvernement de Lord Grey, et en 1831, il fut promu au Cabinet. C'est durant cette période qu'il rédigea la "lettre de Stanley", posant les bases du système d'éducation nationale en Irlande, un accomplissement qui reste présent dans la structure éducative irlandaise à ce jour. En 1833, il devint Secrétaire d'État pour la Guerre et les Colonies et joua un rôle crucial dans l'abolition de l'esclavage au sein de l'Empire britannique.

Cependant, Edward Stanley était aussi connu pour ses divisions avec son propre parti. En 1834, il quitta le gouvernement à cause de son opposition à la réforme de l'Église anglicane d'Irlande, puis rejoint finalement les conservateurs de Robert Peel. En 1841, il fut nommé Secrétaire d'État aux Colonies dans le gouvernement de Peel, mais il démissionna à nouveau en 1845 en raison de son opposition à l'abrogation des Corn Laws, une mesure qui marqua une grande scission au sein du parti conservateur.

Edward Stanley est surtout connu pour avoir été Premier ministre du Royaume-Uni à trois reprises (en 1852, de 1858 à 1859, et de 1866 à 1868), faisant de lui l'un des rares hommes politiques à avoir dirigé trois gouvernements distincts. Ces mandats étaient courts, mais ils étaient significatifs pour leurs réformes progressistes. Son gouvernement de 1866-1868 a été marqué par l'introduction du Second Reform Act de 1867, qu'il qualifia lui-même de "saut dans l'inconnu". Cette réforme élargit le corps électoral et accrut la représentation politique, posant les bases du système démocratique britannique moderne.

En dehors de la politique, Edward Stanley était un aristocrate typique de son époque, passionné par la chasse et l'équitation, et il a également servi comme chancelier de l'Université d'Oxford à partir de 1852. Malgré sa stature et ses talents politiques, sa fierté et son arrogance ont souvent créé des tensions avec ses pairs, en particulier avec les politiciens de la classe moyenne montante. Ses rapports avec la presse étaient tendus, et il préférait la stratégie politique discrète plutôt que de se mélanger avec les journalistes et l'opinion publique. Sa position rigide et aristocratique a fini par limiter son influence à une époque où la politique britannique évoluait rapidement vers un engagement plus populaire et inclusif.

Stanley s'est retiré de la vie politique en 1868 en raison de problèmes de santé et a laissé la place à Benjamin Disraeli, qui devint Premier ministre après lui. Son rôle en tant que chef du parti conservateur à une époque de transition en a fait une figure centrale du conservatisme victorien, équilibrant réforme et réaction. Il était reconnu pour son pragmatisme politique, capable de s'adapter aux évolutions du "Spirit of the Age" tout en préservant les valeurs traditionnelles de son parti. Edward Stanley mourut le 23 octobre 1869 à Londres, à l'âge de 70 ans, laissant derrière lui un héritage de stabilité politique et de réformes prudentes, bien qu'il n'ait jamais joui d'une grande popularité publique comme certains de ses contemporains.