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22 octobre, un jour, une vie, un décès

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22 octobre, un jour, une vie : Joaquim Alberto Chissano

Joaquim Alberto Chissano est né le 22 octobre 1939 à Chibuto, dans la province de Gaza, au sud du Mozambique. Il fête aujourd'hui ses 85 ans en 2024. Chissano a grandi dans un environnement marqué par la pauvreté, comme la plupart des Mozambicains de sa génération. Malgré cela, il a pu poursuivre des études primaires et secondaires, devenant l'un des premiers enfants noirs à obtenir son diplôme au Liceu Salazar de Lourenço Marques (aujourd'hui Maputo). Par la suite, il a quitté le Mozambique pour poursuivre des études supérieures au Portugal, puis en France, où il a joué un rôle essentiel dans la fondation du Front de Libération du Mozambique (FRELIMO) en 1962.

Chissano est devenu l'un des dirigeants de la guerre de libération contre la colonisation portugaise, contribuant à la formation et au développement du FRELIMO, une fusion de plusieurs mouvements nationalistes. Suite au coup d'État militaire au Portugal en avril 1974, qui précipitait la fin du colonialisme portugais, Chissano fut nommé Premier ministre du gouvernement de transition qui prépara l'indépendance du Mozambique, proclamée le 25 juin 1975. Après cette date, il fut nommé ministre des Affaires étrangères, poste qu'il occupa jusqu'à la mort prématurée du président Samora Machel en 1986.

Suite à la mort de Samora Machel dans un accident d'avion, Joaquim Chissano prit les fonctions de président du Mozambique, devenant également chef du FRELIMO. Durant son mandat, il œuvra pour la fin de la guerre civile qui ravageait le pays depuis 1977, en négociant un traité de paix avec les rebelles de la RENAMO en 1992. Cette paix fut précédée d'un processus de réconciliation nationale, qui incluait une amnistie pour les combattants et l'intégration des forces rebelles dans l'armée nationale. Chissano introduisit également la méditation transcendantale dans les forces armées et dans d'autres institutions, estimant que cela pouvait contribuer à la paix et à la stabilité du pays.

Sous la présidence de Chissano, le Mozambique connut un tournant vers la démocratie. En 1990, il promulgua une nouvelle constitution qui mit fin au monopole du FRELIMO, ouvrant la voie à un système multipartite et à des élections libres. En 1994, il fut élu président lors des premières élections multipartites du pays, puis réélu en 1999. Son mandat fut marqué par des progrès économiques et sociaux importants, avec un taux de croissance annuel moyen de 8 %, une réduction significative de la pauvreté extrême, une augmentation de 65 % de la fréquentation scolaire et une baisse de la mortalité infantile de 35 %.

En 2004, Chissano décida de ne pas se représenter pour un troisième mandat, bien que la constitution le lui permît. Ce geste fut salué comme un signe de maturité démocratique, consolidant les institutions du Mozambique et leur indépendance par rapport à la personne qui les dirigeait. Après avoir quitté la présidence, il poursuivit ses efforts en faveur de la paix en Afrique, servant d'émissaire spécial des Nations Unies pour le conflit en Ouganda et au Soudan du Sud. En 2007, il fut le premier récipiendaire du prix Mo Ibrahim pour le leadership africain, en reconnaissance de son rôle dans la réconciliation et la reconstruction du Mozambique.

Durant sa carrière politique, Joaquim Chissano a également occupé des fonctions importantes, telles que la présidence de l'Union africaine de 2003 à 2004. Il a été un fervent partisan des droits humains et a pris des positions en faveur des droits des minorités, y compris des droits des personnes LGBT en Afrique. Après son mandat, il est resté actif sur la scène internationale, siégeant dans divers comités et fondations consacrés à la paix et au développement.

Aujourd'hui, Joaquim Chissano est considéré comme un exemple rare de dirigeant africain ayant su quitter le pouvoir de manière volontaire et gracieuse, tout en ayant transformé son pays de façon durable. Il demeure une figure respectée de la politique africaine, engagée dans la promotion de la paix, de la réconciliation et du développement sur le continent.

 

22 octobre, un jour, un décès : Charles Martel 

Charles Martel, surnommé "le Marteau", est né vers 688 à Herstal, dans l'actuelle Belgique. Il était le fils illégitime de Pepin de Herstal, maire du palais de la partie orientale du royaume franc, l'Austrasie, et d'une noble nommée Alpaida. En 714, après la mort de son père, Charles dut faire face à de vives luttes de pouvoir, notamment contre Plectrude, la veuve de Pepin, qui cherchait à préserver le pouvoir pour son propre petit-fils. Charles était jeune, mais déterminé, et il parvint à s'échapper de la captivité, rassemblant des partisans et émergeant rapidement comme un chef militaire redoutable.

En 715, Charles Martel remporta ses premières batailles contre les forces rebelles et se fit reconnaître comme maire du palais d'Austrasie. Il réussit à consolider son pouvoir sur les royaumes francs et, en 718, il devint maire du palais de Neustrie, unifiant ainsi le royaume franc. Charles était le véritable dirigeant des Francs, bien que le titre de roi restât aux mains des faibles souverains mérovingiens.

L'un des moments les plus importants de son règne fut la bataille de Poitiers en octobre 732, où il arrêta l'avancée des armées omeyyades dirigées par Abd al-Rahman. Cette victoire, remportée avec une armée de fantassins contre des cavaliers ennemis, fut cruciale pour stopper l'expansion musulmane en Europe occidentale et conféra à Charles son surnom de "Martel", le Marteau. La victoire de Poitiers est considérée par de nombreux historiens comme un événement décisif dans l'histoire de l'Europe, car elle établit les bases de la prééminence du christianisme en Occident.

Après Poitiers, Charles réalisa l'importance de la cavalerie comme force militaire et commença à réorganiser son armée en ce sens. Cela marqua le début du féodalisme en Europe, car Charles finança la création et l'équipement de chevaliers en redistribuant des terres, souvent des biens d'Église, à ses vassaux. Cette évolution transforma progressivement la structure militaire et sociale de la société franque, créant une élite de combattants montés qui allait dominer l'Europe médiévale pendant des siècles.

Charles Martel mena de nombreuses campagnes militaires, à la fois contre les Sarrasins en Aquitaine et contre les peuples païens à l'est de son royaume, comme les Frisons et les Saxons. Ses efforts pour consolider et agrandir le royaume franc, ainsi que son soutien à l'église chrétienne, ont jeté les bases de ce qui allait devenir l'Empire carolingien. En effet, en s'alliant à l'Église, Charles posa les fondations d'une relation étroite entre le pouvoir séculier et l'église qui allait caractériser l'Europe médiévale. Il soutint activement l'évangélisation de l'Allemagne, notamment par l'intermédiaire de Saint Boniface, ce qui renforça l'influence de l'Église dans son royaume.

En 737, après la mort du roi mérovingien Thierry IV, Charles choisit de ne pas nommer de nouveau roi, gouvernant seul jusqu'à sa mort en tant que "duc et prince des Francs". Cette situation sans précédent marquait une transition vers la fin de la dynastie mérovingienne et l'émergence de la dynastie carolingienne. Avant sa mort, Charles partagea son royaume entre ses fils, Carloman et Pepin le Bref, posant ainsi les bases de la future expansion carolingienne sous son petit-fils Charlemagne, qui deviendrait le premier empereur d'Occident depuis la chute de l'Empire romain.

Charles Martel est mort le 22 octobre 741 à Quierzy-sur-Oise, à l'âge d'environ 53 ans. Il fut enterré à la basilique de Saint-Denis, nécropole des rois mérovingiens. Sa mort marqua la fin d'une ère de luttes internes pour l'unité franque, mais elle laissa un royaume solidifié et prêt à l'expansion sous ses successeurs. Le règne de Charles Martel a été crucial non seulement pour la consolidation de la puissance franque, mais également pour la préservation de la chrétienté en Europe occidentale.