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Et si deux époques différentes parlaient d'Europe ? La presque interview

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Cette interview, reconstituée par une IA (Intelligence Artificielle), n'a jamais eu lieu. Elle imagine les réponses d'Emmanuel Macron et de François Mitterrand à l'occasion d'un débat sur l'Europe sur la base de leurs positions et déclarations réelles sur ce sujet afin de vous plonger au cœur de leurs idées. C'est une presque interview.

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Aujourd'hui, EPOC réunit pour un entretien exceptionnel et impropable deux des présidents les plus emblématiques de la Ve République : Emmanuel Macron, chef d'État actuel, et François Mitterrand, figure légendaire ayant dirigé la France pendant quatorze ans. Séparés par les époques, les contextes et les défis, ces deux hommes ont en commun d’avoir porté une vision forte de l’Europe.

François Mitterrand, père du traité de Maastricht, a ancré la France au cœur de la construction européenne, croyant fermement en une Union capable de garantir la paix et la prospérité.

Emmanuel Macron, quant à lui, porte un projet d’Europe renouvelée, dans un monde globalisé et face aux crises économiques et politiques contemporaines. Leur regard croisé, qui allie héritage et modernité, permettra d’explorer la manière dont chacun envisage le futur de l'Europe, sa souveraineté et son rôle dans le monde.

À travers cette interview, nous tenterons de comprendre comment ces deux visions se rejoignent ou s’opposent, et ce qu’elles révèlent sur l’évolution du projet européen.


EPOC : Monsieur Macron, Monsieur Mitterrand, quelles sont, selon vous, les bases de la construction européenne et en quoi votre vision de l'Europe diffère-t-elle ?

François Mitterrand : L'Europe, pour moi, c'était un rêve né de la nécessité, une conviction forgée par les drames du passé. Après des siècles de guerres fratricides, il fallait tourner la page des conflits nationaux pour bâtir une paix durable, une paix qui serait garantie non pas par la domination d'un État sur les autres, mais par la coopération entre nations égales. J'ai souvent dit : "La France est notre patrie, l'Europe est notre avenir." Cela résume bien ma vision : celle d'une Europe qui transcende les intérêts étroitement nationaux pour construire une communauté de destin. L'Europe devait avant tout être un espace de coopération, une manière de dépasser nos ambitions nationales pour construire un projet de civilisation, fondé sur la paix, la liberté et la prospérité commune. Ce rêve n'était pas seulement politique, mais aussi culturel, une volonté de vivre ensemble au-delà des différences historiques et des intérêts économiques.

Emmanuel Macron : Vous avez raison, Monsieur Mitterrand. Ce rêve d'Europe en tant que garant de la paix est toujours valable. Mais aujourd'hui, il faut aller plus loin. Nous sommes dans un monde globalisé, avec des défis d'une ampleur inédite, qui ne peuvent être relevés que par une Europe souveraine et forte. Quand je parle d'une Europe "souveraine", je fais référence à une Europe capable de garantir son autonomie stratégique, d'assurer sa sécurité, son indépendance énergétique, et de défendre ses intérêts face aux grands enjeux mondiaux comme le changement climatique, les migrations, les menaces numériques ou encore les ingérences étrangères. Cela implique de bâtir une véritable capacité européenne d'action, que ce soit dans la défense, la recherche technologique ou la protection de nos infrastructures critiques. Il ne s'agit pas seulement de répondre aux crises, mais de se préparer et d'anticiper. Une Europe souveraine, c'est une Europe proactive, qui prend en main son destin, qui protège ses citoyens et qui pèse dans les grandes négociations internationales. C'est en étant unie et résolue que l'Europe pourra continuer à garantir la paix et à défendre nos valeurs communes.

François Mitterrand : Vous mettez beaucoup l'accent sur la souveraineté, Emmanuel. J'étais, moi aussi, soucieux de l'indépendance européenne, mais ma priorité était la paix. L'unification économique et monétaire était une nécessité – "L'Europe se fera par la monnaie ou ne se fera pas" – mais je n'oubliais jamais qu'elle devait se faire avec des États forts, qui respectent leurs spécificités. Je craignais que trop d'uniformisation ne conduise à des tensions.


EPOC : Comment voyez-vous le couple franco-allemand dans ce contexte européen ?

Emmanuel Macron : Le couple franco-allemand reste un moteur essentiel de l'Europe, un partenariat historique qui symbolise la réconciliation et la volonté commune de bâtir une union forte. Nous devons nous appuyer sur cette alliance pour initier des réformes structurelles ambitieuses, notamment dans la zone euro, qui est le cœur économique de notre Union. J'ai souvent parlé d'une nécessaire convergence sociale et fiscale, car les écarts de compétitivité entre nos économies sont un frein à l'harmonisation. Pour que l'Europe avance, il est impératif d'avoir un budget commun pour la zone euro, qui permette non seulement d'éviter les inégalités entre les États membres, mais aussi de financer des projets d'infrastructure, de recherche et d'innovation, afin de renforcer la compétitivité de l'ensemble de l'Union. Cette convergence ne doit pas être vue comme une contrainte, mais comme une opportunité de créer un espace européen plus juste, où chaque citoyen bénéficie des avancées économiques et sociales. Cela implique une solidarité accrue, mais aussi un engagement de chacun à respecter les règles communes pour construire un avenir prospère.

François Mitterrand : J'ai également mis beaucoup d'énergie à faire du partenariat franco-allemand un pilier de la construction européenne. Helmut Kohl et moi avons partagé cette vision d'une Europe unie, non par la force mais par la volonté de vivre ensemble, une Europe capable de tourner la page des conflits qui l'ont divisée pendant des siècles. Nous avions cette conviction que l'union devait se faire par le rapprochement des peuples, par une compréhension mutuelle de nos cultures et de nos aspirations. Cependant, je me demande si l'insistance sur une convergence totale, qu'elle soit économique ou sociale, ne risque pas de déséquilibrer certains États, en les poussant au-delà de leurs capacités propres. Les différences doivent être respectées, car elles constituent la richesse de notre continent. L'Europe ne peut être qu'une union des diversités, où chaque nation trouve sa place et contribue à l'ensemble. Tout en renforçant la solidarité, il est essentiel de reconnaître et de valoriser ces différences, pour éviter des tensions inutiles et permettre à chaque pays de se sentir pleinement partie prenante du projet européen.


EPOC : Monsieur Mitterrand, que pensez-vous de la volonté de Monsieur Macron de créer une Europe de la défense ?

François Mitterrand : L'idée n'est pas nouvelle. Une Europe capable de se défendre elle-même est une vision que je partage, mais je l'abordais avec prudence. La question est de savoir si cette défense européenne doit se faire en parallèle ou en coopération avec l'OTAN. J'étais sceptique quant à l'influence américaine sur le continent, et je crois que l'Europe doit pouvoir compter sur elle-même, mais pas au détriment d'un équilibre avec ses alliés. Mais je m'interroge, n'est-ce pas risqué de vouloir trop rapidement créer une force indépendante sans bien évaluer les conséquences ? Une telle entreprise requiert du temps, de la concertation, et une solide unité politique. Le projet d'une défense européenne est louable, mais il ne doit pas se faire à la hâte, sous peine de compromettre la cohésion que nous avons construite avec tant de difficultés.

Emmanuel Macron : Justement, il ne s'agit pas de s'éloigner de l'OTAN, mais de la compléter. L'OTAN reste un pilier de notre sécurité collective, mais elle ne peut pas tout couvrir, notamment en ce qui concerne les crises qui touchent spécifiquement le continent européen. Nous avons besoin d'une force européenne capable de prendre ses responsabilités, notamment dans notre voisinage proche, comme en Afrique du Nord, au Moyen-Orient ou en Europe de l'Est. La crise ukrainienne a montré les limites de notre capacité à réagir de manière autonome, et cela souligne le besoin d'une défense européenne qui soit réactive et flexible. Une Europe de la défense, c'est aussi une manière de renforcer notre souveraineté collective, d'assurer une capacité stratégique indépendante, et de montrer que l'Europe peut être un acteur de premier plan sur la scène internationale. Cela implique non seulement des moyens militaires, mais aussi une coordination politique et des investissements pour développer nos technologies de défense, afin de ne plus dépendre exclusivement des puissances extérieures pour notre sécurité.

François Mitterrand : Emmanuel, je comprends bien votre point de vue et votre désir de renforcer la souveraineté européenne. Cependant, je me permets de vous mettre en garde contre une trop grande précipitation. La construction d'une défense commune nécessite une unité politique que nous n'avons pas toujours. Vous parlez de complémentarité avec l'OTAN, mais n'oublions pas que cette complémentarité doit être perçue de manière crédible par nos partenaires, pour éviter toute défiance. Le risque est grand de créer des divisions internes si nous ne prenons pas le temps d'établir les fondations solides de cette défense. Vous avez raison de vouloir une Europe proactive, mais n'oublions pas que toute avancée significative doit être accompagnée d'une véritable adhésion populaire et d'un engagement partagé par tous nos partenaires.

Emmanuel Macron : Monsieur Mitterrand, avec tout le respect que je vous dois, je crois que l'heure n'est plus à la prudence excessive. Vous parlez de concertation et de temps, mais nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre indéfiniment. Les crises qui secouent notre continent exigent une réponse forte et immédiate. Trop de précaution pourrait paralyser notre capacité à agir. Je suis convaincu que le temps est venu pour l'Europe de se lever et de défendre ses intérêts avec détermination. Nous devons être prêts à prendre des risques, car l'inaction est le plus grand danger qui nous guette aujourd'hui.


EPOC : Les citoyens européens semblent parfois déconnectés du projet européen. Comment répondre à ce défi de la démocratie européenne ?

Emmanuel Macron : J'ai proposé des conventions démocratiques partout en Europe pour que les citoyens puissent débattre de l'avenir de l'Union. Il est essentiel de donner une voix aux peuples dans cette construction, car c'est par la participation active que l'Europe pourra retrouver sa légitimité. Ces conventions ont pour objectif de faire émerger des idées, des projets concrets, mais surtout de réduire la distance qui existe entre les institutions européennes et les citoyens. Sans une telle implication directe, nous courons le risque de voir grandir les mouvements nationalistes, qui prospèrent sur la désillusion et le sentiment d'abandon. Ces mouvements nationalistes, en prônant la fermeture des frontières et le rejet des valeurs partagées, affaiblissent non seulement l'Union mais aussi la cohésion sociale au sein de chaque pays membre. Nous devons offrir aux Européens la possibilité de se réapproprier le projet européen, de sentir qu'ils ont leur mot à dire et que leur voix est prise en compte dans les décisions cruciales. C'est une étape indispensable pour construire une Europe plus démocratique, plus forte et capable de répondre aux défis qui nous attendent.

François Mitterrand : Le nationalisme, c'est la guerre. Je l'ai dit au Parlement européen en 1995, et je le crois toujours. L'Europe ne peut prospérer qu'en étant un espace de paix, de liberté et de solidarité. Elle doit être la réponse aux divisions qui, pendant des siècles, ont mené notre continent à des conflits sanglants. Pour cela, il faut absolument réduire le fossé qui s'est creusé entre les institutions européennes et les citoyens. Mais il est vrai qu'il faut rapprocher les citoyens de ce projet, leur montrer que l'Europe n'est pas une entité abstraite, mais une construction qui affecte leur quotidien de manière positive. Mon approche était différente, plus institutionnelle peut-être, axée sur la consolidation des structures communes. J'ai toujours pensé que la paix se construirait à travers des institutions fortes, capables de surmonter les égoïsmes nationaux. Cependant, nous partagions, Emmanuel et moi, ce souci de rendre l'Europe palpable pour ses habitants, qu'ils ressentent directement les bienfaits de cette union, que ce soit par la libre circulation, la coopération culturelle, ou les projets transfrontaliers qui améliorent leur vie de tous les jours.

Emmanuel Macron : Monsieur Mitterrand, je partage votre conviction que le nationalisme est une menace profonde pour notre continent. Mais je crois aussi que nous ne pouvons plus nous contenter d'institutions fortes seulement. Nous devons aller au-delà de la consolidation structurelle et comprendre que l'Europe doit être une expérience vécue au quotidien, pas seulement une idée ou une institution. Les mouvements nationalistes se nourrissent du sentiment d'exclusion et de la distance ressentie par beaucoup de citoyens vis-à-vis de l'Union. Si nous voulons véritablement contrer ces tendances, nous devons redonner du sens à l'intégration européenne en créant un lien direct, tangible, avec chaque Européen. Cela passe par des initiatives locales, une écoute active des préoccupations des citoyens, et surtout par des résultats concrets qui améliorent la vie de tous. Nous devons être agiles, réactifs, et capables de montrer que l'Europe est non seulement une réponse aux défis globaux, mais aussi un vecteur d'opportunités pour chacun d'entre nous.

François Mitterrand : Emmanuel, je vous entends, mais n'oublions pas que l'Europe est née d'une aspiration bien plus grande que la simple réactivité aux défis contemporains. Elle est le fruit d'une volonté de dépasser les divisions qui ont autrefois plongé notre continent dans l'obscurité. L'Europe est un projet né de la douleur et des souffrances accumulées, mais aussi de la noblesse de l'esprit humain qui cherche la paix, la stabilité et l'unité. Nous ne devons jamais perdre de vue cette grandeur originelle, cet idéal de fraternité et de coopération qui dépasse les contingences politiques de notre époque. Si nous nous concentrons seulement sur le pragmatisme, nous risquons de perdre l'essence même de ce que nous construisons. L'Europe doit rester un horizon, un espoir, un idéal qui nous élève, qui nous fait rêver au-delà de notre quotidien. C'est cette dimension qui, je pense, doit également inspirer nos actions présentes. Le réalisme est nécessaire, mais sans le souffle de l'idéal, nos efforts manqueraient de profondeur et de vision.


EPOC : Monsieur Mitterrand, Monsieur Macron, vous avez des visions très fortes et parfois opposées sur l'Europe. Je vous invite à discuter franchement, sans détours. Quels sont les points sur lesquels vous divergez et ceux qui vous rapprochent dans ce projet européen ? Pouvez-vous également expliquer comment ces divergences et convergences pourraient façonner l'avenir de l'Europe ?

François Mitterrand : Les divergences et convergences entre Emmanuel Macron et moi trouvent leur origine dans nos contextes et époques respectifs. Nous partageons, je crois, un attachement profond à l'idée européenne, cette conviction que l'Europe est plus que la somme de ses États. Pour moi, l'Europe est avant tout un projet de paix, un moyen de dépasser les conflits nationaux qui ont tant coûté à notre continent. Emmanuel Macron, quant à lui, envisage l'Europe non seulement comme un projet de paix, mais également comme une réponse souveraine aux défis de la mondialisation. Là où nos convergences sont évidentes, c'est sur la nécessité d'une Europe unie et forte, capable de protéger ses citoyens et de défendre des valeurs communes sur la scène internationale.

Cependant, nos divergences résident principalement dans nos approches respectives. J'ai œuvré à construire l'Europe par des étapes prudentes, en consolidant les institutions et en cherchant à garantir que chaque État-nation y trouve sa place. J'avais cette vision d'une Europe qui avançait progressivement, en respectant les spécificités et la souveraineté de chaque pays. Emmanuel, lui, préfère une approche plus rapide et intégrée, notamment sur les questions économiques et de défense. Il parle de souveraineté européenne, de défense commune, d'une Europe capable de rivaliser avec les grandes puissances mondiales. Je ne dis pas que ces ambitions sont erronées, mais je crains que la précipitation ne compromette l'équilibre délicat entre unité et diversité au sein de l'Union.

Nous partageons néanmoins le même souci de lutter contre les forces nationalistes et les tentations de repli. Le nationalisme, je l'ai toujours dit, c'est la guerre. Emmanuel s'inscrit dans cette continuité, mais il aborde ces défis avec une énergie et une urgence que je comprends, même si elles diffèrent de ma manière plus patiente de faire avancer le projet européen. En somme, nos divergences tiennent aux méthodes et au rythme de la construction européenne, tandis que nos convergences se trouvent dans la finalité : une Europe unie, souveraine, et au service de la paix et des peuples.

Emmanuel Macron : Monsieur Mitterrand, je respecte profondément votre vision et je suis conscient de l'importance de la patience et de la prudence dans la construction européenne. Mais aujourd'hui, nous faisons face à un monde en perpétuel mouvement, un monde où les crises s'enchaînent et où l'Europe ne peut plus se permettre d'avancer uniquement par petites étapes. La précipitation, comme vous le dites, est parfois nécessaire pour ne pas manquer les opportunités qui se présentent, pour ne pas laisser l'Europe à la traîne alors que les grandes puissances avancent.

Je pense que l'Europe a besoin de cette énergie, de cette capacité à prendre des décisions audacieuses, même si cela bouscule les habitudes. Nous devons montrer que nous sommes unis et capables d'agir rapidement. Cela ne veut pas dire négliger les spécificités de chaque nation, mais au contraire, trouver une façon de les intégrer dans une dynamique collective ambitieuse. L'équilibre entre l'unité et la diversité est essentiel, mais je suis convaincu que nous devons aussi donner une nouvelle impulsion, une nouvelle ambition à ce projet européen.

Il est vrai que nos approches diffèrent, mais l'objectif est le même : une Europe forte, souveraine, et capable de garantir la paix. Là où vous avez jeté les bases solides, Monsieur Mitterrand, il est de notre devoir aujourd'hui de construire des édifices ambitieux, capables de faire face aux enjeux du XXIe siècle. Il ne s'agit pas de faire table rase du passé, mais de s'appuyer sur ce que vous avez bâti pour donner à l'Europe une place prépondérante sur la scène mondiale. C'est avec cette vision, un peu plus impatiente peut-être, que je souhaite continuer à faire vivre ce projet européen qui nous est si cher.

 

EPOC : Messieurs les Présidents, nous vous remercions d'avoir bien voulu partager avec nous votre vision sur l'Europe. Bien que nous ne nous soyons jamais rencontrés et que vous n'avez jamais eu l'opportunité d'échanger de vive voix en raison de vos époques si proches et si lointaines, nous sommes ravis d'avoir eu l'opportunité de vous entendre aujourd'hui, même sans pouvoir véritablement échanger avec vous.