30 septembre, un jour, une vie : Ehud Olmert
Ehud Olmert, né le 30 septembre 1945 près de Binyamina, en Palestine sous mandat britannique (aujourd'hui en Israël), fête aujourd'hui ses 79 ans. Avocat et homme politique israélien, il a occupé plusieurs postes importants tout au long de sa carrière, notamment celui de Premier ministre d'Israël de 2006 à 2009. Avant cela, il a été maire de Jérusalem de 1993 à 2003 et a servi comme membre du Knesset (le Parlement israélien) dès 1973, à l'âge de 28 ans.
Issu d'une famille sioniste engagée, ses parents étaient membres de l'Irgun Zvai Leumi, un groupe militant pour la création de l'État d'Israël. Il a étudié la psychologie, la philosophie et le droit à l'Université hébraïque de Jérusalem. Après son service militaire dans la brigade d'infanterie Golani, il s'est engagé dans le journalisme militaire. Il a ensuite exercé le droit tout en se lançant en politique, initialement avec le Likoud.
Sa carrière politique a vraiment pris son essor lorsqu'il a été élu membre du Knesset en 1973. Olmert a rapidement gravi les échelons au sein du Likoud, devenant ministre sans portefeuille en 1988, chargé des affaires des minorités, puis ministre de la Santé de 1990 à 1992. En 1993, il a été élu maire de Jérusalem, battant le maire sortant de longue date, Teddy Kollek, et devenant le premier membre du Likoud à occuper ce poste. Pendant ses deux mandats, il a mis en œuvre d'importants projets de développement urbain, notamment le lancement du réseau de tramway de Jérusalem.
En 2003, Ariel Sharon, alors Premier ministre, a rappelé Olmert à la politique nationale en le nommant vice-Premier ministre et ministre de l'Industrie et du Commerce. Olmert est devenu l'un des principaux conseillers de Sharon et a contribué à élaborer la politique de retrait des territoires occupés à Gaza et en Cisjordanie. Lorsque Sharon a quitté le Likoud en 2005 pour fonder le parti centriste Kadima, Olmert l'a suivi.
Après qu'Ariel Sharon ait été victime d'un grave accident vasculaire cérébral en janvier 2006, Olmert a assumé les fonctions de Premier ministre par intérim. Lors des élections de mars 2006, Kadima, dirigé par Olmert, a remporté une victoire, lui permettant de former un gouvernement de coalition et de devenir officiellement le Premier ministre d'Israël. Son mandat a été marqué par la guerre contre le Hezbollah au Liban en 2006, qui a fait chuter sa popularité en raison des critiques sur sa gestion du conflit.
Au cours de son mandat, Olmert a poursuivi des efforts de paix avec les Palestiniens, menant de nombreuses négociations avec Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne. Cependant, ces pourparlers n'ont pas abouti à un accord final, en partie à cause des hostilités en cours dans la région. En 2007, il a participé à la conférence de paix d'Annapolis, initiée par le président américain George W. Bush, pour tenter de relancer le processus de paix.
En 2008, alors que des accusations de corruption et de fraude commençaient à émerger contre lui, Olmert a annoncé son intention de démissionner après les prochaines élections générales. Finalement, il a quitté son poste en septembre 2008, mais a continué à occuper la fonction de Premier ministre par intérim jusqu'à l'élection de son successeur, faute de coalition formée par Tzipi Livni.
En 2009, Olmert a fait face à des accusations de corruption, de fraude, d'abus de confiance et d'autres infractions. En 2014, il a été reconnu coupable dans l'affaire "Holyland" pour des pots-de-vin reçus lorsqu'il était maire de Jérusalem. Cette condamnation a marqué la première fois qu'un ancien Premier ministre israélien était condamné à une peine de prison.
30 septembre, un jour, un décès : Hans-Peter Tschudi
Hans-Peter Tschudi, né le 22 octobre 1913 à Bâle, en Suisse, a été une figure marquante de la politique sociale suisse tout au long du XXe siècle. Membre du Parti social-démocrate suisse (SPS), il a consacré une grande partie de sa carrière à élargir les politiques de sécurité sociale et à renforcer le système de protection sociale du pays. Lorsqu'il est décédé le 30 septembre 2002, il avait 88 ans.
Issu d'une famille d'enseignants, Tschudi a grandi à Bâle, où il a fait ses études de droit à l'Université de Bâle. Après l'obtention de son doctorat, il a travaillé dans l'administration cantonale, notamment en tant que responsable du bureau cantonal de l'emploi et chef de l'inspectorat du travail de la ville de Bâle. En 1952, il est devenu professeur de droit du travail à l'Université de Bâle. Sa carrière politique a débuté lorsqu'il a rejoint le Parti social-démocrate en 1936 et s'est engagé activement dans le syndicat du secteur public (VPOD) en 1943. Son engagement politique s'est concrétisé avec son élection au parlement cantonal de Bâle-Ville en 1944, puis au gouvernement cantonal en 1953. Il est devenu membre du Conseil des États en 1956, représentant le canton de Bâle-Ville.
En 1959, Hans-Peter Tschudi a été élu au Conseil fédéral suisse, l'organe exécutif du pays, où il a occupé le poste de chef du Département fédéral de l'intérieur jusqu'en 1973. Durant ses quatorze années de service, il a été responsable de plusieurs politiques sociales cruciales pour la Suisse, en mettant l'accent sur le développement et l'expansion de la sécurité sociale pendant les années de croissance économique. Il a contribué à l'introduction des prestations complémentaires à l'AVS (Assurance-vieillesse et survivants) en 1965, un dispositif visant à garantir un minimum vital aux personnes âgées dont les rentes étaient insuffisantes. Il a également été impliqué dans l'ajustement des pensions de retraite en fonction de l'évolution des salaires et des prix.
Par ailleurs, Hans-Peter Tschudi a joué un rôle déterminant dans l'ancrage de la doctrine des trois piliers dans la Constitution fédérale en 1972. Ce système de prévoyance, qui comprend une assurance vieillesse étatique (premier pilier), des fonds de pension professionnels (deuxième pilier) et des épargnes privées facultatives (troisième pilier), est devenu le fondement du système de retraite suisse. Son approche pragmatique et son sens de la concertation politique lui ont valu la reconnaissance de ses pairs et l'image d’un social-démocrate engagé, mais aussi ouvert au compromis.
Outre les politiques sociales, son département englobait également des domaines tels que la construction des autoroutes nationales, l'éducation, la recherche, la culture et la protection de l'environnement, cette dernière étant alors une nouvelle priorité émergente. La gestion efficace de ces dossiers et son rythme soutenu dans la mise en œuvre de réformes ont été surnommés le "Tschudi tempo". Sous sa direction, le budget du département, incluant les dépenses sociales, est passé d'environ 500 millions à 6 milliards de francs suisses.
Hans-Peter Tschudi a été élu à deux reprises président de la Confédération suisse, en 1965 et 1970, une fonction qu’il a occupée en complément de son rôle de chef du Département de l'intérieur. La présidence de la Confédération est une fonction honorifique que les membres du Conseil fédéral exercent à tour de rôle, ce qui reflète le principe de collégialité du système politique suisse.
Malgré son succès dans l'expansion de la sécurité sociale, certaines de ses initiatives n'ont pas vu le jour. Par exemple, sa tentative de rendre l'assurance maladie obligatoire à titre limité en 1974 n’a pas été adoptée. De même, ses efforts pour élargir la couverture de l'assurance accident n'ont été réalisés qu'après son départ du Conseil fédéral, en 1984.
Après sa démission du Conseil fédéral en 1973, Hans-Peter Tschudi a continué à s'impliquer dans la vie publique. Il a enseigné à l'Université de Bâle ainsi qu'à l'Université de Berne jusqu'aux années 1980. Il a également été président de l'organisation Pro Senectute, dédiée à l'aide aux personnes âgées, et membre du Comité international de la Croix-Rouge, renforçant ainsi son engagement en faveur du bien-être social et humanitaire.
Tschudi a laissé derrière lui un héritage marqué par la modernisation et le renforcement de la sécurité sociale suisse, tout en contribuant à l'établissement d’un système de retraite stable et équilibré. Son influence a perduré bien après son mandat, faisant de lui une figure clé de l’histoire sociale et politique suisse.