20 septembre, un jour, une vie : Victor Ponta
Victor Ponta, né le 20 septembre 1972 à Bucarest, Roumanie, est une figure politique majeure ayant exercé les fonctions de Premier ministre de Roumanie de mai 2012 à novembre 2015. Ponta fête aujourd'hui son 52e anniversaire. Il est connu pour son ascension rapide dans la vie politique roumaine et son influence au sein du Parti social-démocrate (PSD), ainsi que pour les controverses qui ont jalonné sa carrière.
Issu d'une famille avec des origines mixtes, Victor Ponta se réclame d'ancêtres albanais du côté maternel et italiens du côté paternel. Il effectue ses études de droit à l'Université de Bucarest, où il obtient son diplôme en 1995. Son parcours professionnel commence dans le domaine juridique : il devient procureur, d'abord au tribunal du secteur 1 de Bucarest, puis au sein du département anticorruption de la Cour suprême de justice, où il est chargé des affaires liées aux crimes économiques et financiers. Il s'illustre en tant que procureur chargé de la lutte contre le blanchiment d'argent, un domaine sensible dans la Roumanie post-communiste des années 1990.
En parallèle à sa carrière juridique, Victor Ponta commence à s'engager en politique, rejoignant le Parti social-démocrate (PSD) dans les années 2000. Il se hisse rapidement au sommet du parti, devenant un proche allié de l'ancien Premier ministre Adrian N?stase. En 2001, il est nommé chef du département de contrôle gouvernemental sous le Premier ministre N?stase, une position stratégique qui le propulse sur le devant de la scène politique nationale.
En 2010, à l'âge de 38 ans, Ponta est élu président du PSD, succédant à Mircea Geoan?. Il devient alors l'une des figures montantes de la politique roumaine. Son ascension coïncide avec une période de bouleversements politiques en Roumanie, marquée par des tensions avec le président en place, Traian B?sescu, et des crises gouvernementales récurrentes. C'est dans ce contexte que Victor Ponta accède au poste de Premier ministre en mai 2012, après une motion de censure contre le gouvernement de Mihai R?zvan Ungureanu.
Le mandat de Victor Ponta en tant que Premier ministre est marqué par des réformes économiques et sociales importantes, mais aussi par une gestion controversée des institutions démocratiques. Son gouvernement parvient à stabiliser l'économie après la crise financière de 2008-2009, notamment par l'amélioration des relations avec l'Union européenne et le Fonds monétaire international. Sous sa direction, la Roumanie connaît une croissance économique robuste, mais son bilan est terni par des allégations de corruption et des accusations de manipulation des institutions publiques.
Un des moments les plus tumultueux de son mandat survient en 2012, lorsque le Parlement tente de destituer le président Traian B?sescu. Bien que B?sescu survive à la procédure de destitution, cet épisode contribue à renforcer l'image de Ponta en tant qu'homme politique prêt à affronter les défis institutionnels. Cependant, cette tentative de destitution suscite également des critiques de la part de la communauté internationale, certains observateurs dénonçant une dérive autoritaire.
En 2014, Victor Ponta se présente à l'élection présidentielle avec le soutien de son parti, espérant succéder à Traian B?sescu. Malgré un départ en tête dans les sondages, il est battu au second tour par Klaus Iohannis, candidat du Parti national libéral (PNL). La défaite de Ponta aux élections présidentielles marque un tournant dans sa carrière politique, bien qu'il reste à la tête du gouvernement pendant une année supplémentaire.
Le mandat de Ponta est également marqué par une série de scandales, dont les accusations de plagiat concernant sa thèse de doctorat en droit, obtenue en 2003. Ces allégations entachent sa crédibilité, bien qu'il ait toujours nié les faits et que plusieurs enquêtes indépendantes n'aient pas conduit à des conséquences judiciaires directes. En outre, son gouvernement est secoué par des mouvements de protestation, notamment après l'incendie tragique du club Colectiv à Bucarest en octobre 2015, qui cause la mort de 64 personnes. Sous la pression de l'opinion publique, Victor Ponta démissionne de son poste de Premier ministre en novembre 2015, mettant fin à plus de trois ans de gouvernance.
Après avoir quitté la direction du PSD en 2015, Victor Ponta se retire brièvement de la vie politique avant de revenir en 2018 avec la création de son propre parti, Pro Romania. Ce parti, qui se positionne comme une alternative au PSD, tente de capter l'électorat de centre-gauche déçu par la direction du PSD sous Liviu Dragnea. Bien que Pro Romania n'ait pas encore réussi à s'imposer comme une force politique majeure, Ponta continue de jouer un rôle dans les affaires publiques, participant activement aux débats politiques.
Victor Ponta reste une figure complexe de la politique roumaine, à la fois admiré pour ses compétences de gestionnaire et critiqué pour les controverses qui ont marqué sa carrière. Son parcours reflète les défis auxquels sont confrontés les politiciens dans les démocraties post-communistes, où les luttes de pouvoir, les accusations de corruption et les questions de légitimité démocratique sont souvent au cœur des débats.
20 septembre, un jour, un décès : Burhanuddin Rabbani
Burhanuddin Rabbani, né le 20 septembre 1940 dans la province de Badakhshan, en Afghanistan, est décédé le 20 septembre 2011 à l'âge de 71 ans, le jour de son anniversaire, lors d'une attaque suicide à son domicile à Kaboul. Il a été une figure politique et religieuse majeure dans l'histoire contemporaine de l'Afghanistan, en tant que président du pays et chef du mouvement islamiste Jamiat-e Islami. Sa carrière est intimement liée aux périodes les plus tumultueuses du pays, notamment la guerre civile et la lutte contre l'invasion soviétique.
Rabbani a grandi dans une famille tajik persanophone. Après avoir terminé ses études à l'école religieuse Abu-Hanifa à Kaboul, il a poursuivi des études en droit islamique à l'Université de Kaboul, où il a obtenu son diplôme en 1963. Peu après, il est devenu professeur à la même université. En 1966, il est parti en Égypte pour étudier à l'Université Al-Azhar, où il a approfondi ses connaissances en philosophie islamique et s'est rapproché des idéologies du mouvement des Frères musulmans, ce qui a façonné sa future carrière politique.
De retour en Afghanistan en 1968, Rabbani a commencé à organiser les étudiants universitaires au sein du mouvement Jamiat-e Islami, un groupe islamiste radical. En 1972, il en est devenu le chef. Sous sa direction, le mouvement a évolué en un acteur clé de la résistance contre le gouvernement laïc de Mohammad Daoud Khan et, plus tard, contre le régime communiste soutenu par les Soviétiques. Après l'invasion soviétique de 1979, Rabbani est devenu l'un des leaders de la résistance armée, les Moudjahidines, qui combattaient les forces soviétiques. Grâce à son leadership, Jamiat-e Islami est devenu l'un des mouvements les plus puissants de la résistance afghane.
En 1992, après le retrait des Soviétiques et la chute du régime communiste, Burhanuddin Rabbani est devenu président de l'Afghanistan, dans le cadre des Accords de Peshawar. Cependant, son mandat a été marqué par des conflits internes entre différentes factions moudjahidines, et la guerre civile qui en a résulté a affaibli son gouvernement. Les combats entre son gouvernement et d'autres factions, notamment celles de Gulbuddin Hekmatyar, ont plongé Kaboul dans le chaos. En 1996, les talibans ont pris le contrôle de la capitale, forçant Rabbani et ses alliés à fuir vers le nord, où ils ont formé l'Alliance du Nord pour continuer à résister.
Malgré la prise de pouvoir des talibans, Rabbani est resté le président légitime aux yeux de la communauté internationale jusqu'en 2001, lorsque l'invasion américaine de l'Afghanistan a renversé le régime taliban. Il a alors repris un rôle plus visible dans la politique nationale, devenant le chef symbolique de l'Alliance du Nord.
En 2010, il a été nommé à la tête du Haut Conseil pour la paix, un organisme chargé de négocier avec les talibans pour mettre fin au conflit en Afghanistan. Cependant, cette mission a été interrompue par son assassinat en 2011. Un membre des talibans, prétendant chercher à négocier la paix, s'est rendu chez Rabbani et a déclenché une bombe dissimulée dans son turban. La mort de Rabbani a marqué un tournant dans les efforts de paix du pays et a souligné la persistance des tensions ethniques et politiques en Afghanistan.
Burhanuddin Rabbani est souvent considéré comme un "martyr de la paix", un titre qui lui a été attribué après sa mort. Son fils, Salahuddin Rabbani, a repris son rôle politique et continue de jouer un rôle clé dans la politique afghane.